Connu du grand public pour avoir dirigé l’équipe de France entre 2004 et 2010, Raymond Domenech a également passé de longues années au sein de la FFF. De quoi lui permettre, notamment, d’assister à la Coupe du monde organisée aux États-Unis en 1994, où le Lyonnais a vécu une sacrée mésaventure.

Sélectionneur de l’équipe de France entre 2004 et 2010, Raymond Domenech n’a laissé personne indifférent durant ses six années à la tête des Bleus, dans les bons comme dans les mauvais moments. Mais avant de diriger Fabien Barthez ou encore Zinédine Zidane, le natif de Lyon officiait au sein de la FFF, prenant notamment les rênes des Espoirs. C’est dans le cadre de ses fonctions à la Fédé, mais aussi de son rôle de consultant pour France Télévisions, que Raymond Domenech rendu aux États-Unis en 1994 à l’occasion de la Coupe du monde, malgré l’absence de la sélection tricolore. Une aventure qui ne s’est pas déroulée comme prévu.
« Je voulais juste récupérer l'argent dépensé »
Et pour cause, Raymond Domenech a dû gérer des problèmes avec la justice durant la compétition, la faute à une affaire de revente de billets devant le stade. Le 23 juin 1994, avant la rencontre opposant Corée du Sud à la Bolivie qu’il doit commenter, le sélectionneur des Espoirs avait pris place devant le Foxborough Stadium dans l’espoir de trouver des personnes intéressées par trois billets achetés par la FFF et inutilisés du fait de l'absence des Bleus. « Je n'ai même pas cherché à me cacher, avait expliqué Domenech dans les colonnes de L’Équipe quatre jours après sa mésaventure. J'ai levé ma main avec les billets et j'ai crié : "Places !" J'aurais pu me cacher ou faire du marché noir, mais même pas. Je voulais juste récupérer l'argent dépensé. » Un procédé courant « afin de combler au mieux le manque à gagner » d’après le directeur général de la FFF de l’époque Gérard Enault.
« Les flics m'ont mis la main dessus »
Mais les supporters ne sont pas les seuls à remarquer Raymond Domenech. « Au bout d'une minute, les flics m'ont mis la main dessus et m'ont expliqué, ce que je ne savais pas, que dans l'État du Massachusetts, il était interdit à un particulier de revendre des billets », expliquait-il. L’ex-sélectionneur est alors embarqué et envoyé en cellule.
« Le matin, à l'hôtel, j'avais changé 500 dollars en Traveller's (chèque de voyage) pour du liquide. La police m'a confisqué cet argent. Elle croyait qu'il s'agissait de bénéfices de la revente. Ça fait drôle. Dans la cellule, je n'avais plus rien. Un petit vieux est alors venu me demander si je voulais téléphoner. Il est allé chercher mon sac avec mes numéros de téléphone et ma carte de crédit. Sans ça, je passais toute la nuit au poste. J'ai réussi à joindre une personne à Dallas, laquelle a contacté Dominique Le Glou au stade. Sur le coup, je n'ai pas rigolé, mais cela me fera des souvenirs. Ce n'est quand même pas tous les jours que l'on visite une prison de l'État du Massachusetts », racontait-il à l’époque.
« Ils m'ont alors libéré contre une caution de 150 dollars »
Censé commenter la rencontre avec Raymond Domenech, Dominique Le Glou doit alors improviser. « Je l'attendais en tribune. Au bout de plusieurs minutes, j'ai demandé des nouvelles de Raymond. Personne n'en avait. Alors j'ai commenté tout seul... À un moment j'ai eu peur qu'il ait eu un accident, s’était remémoré le journaliste auprès du quotidien sportif. Il a fini par arriver pour les cinq ou dix dernières minutes. Il était quand même un peu énervé et m'avait raconté cette "fouille au corps très désagréable". »
Les mésaventures de Raymond Domenech ne sont pas terminées pour autant, avec un passage express devant un tribunal. « Un vrai, comme dans les films américains, avec un petit juge que l'on voyait à peine, confiait-il. Moi, debout, placé derrière un micro, j'ai juste eu le droit de répondre oui à l'accusation. Autrement, j'y serais encore. À ce moment-là, tu te sens complètement transparent. Ils m'ont alors libéré contre une caution de 150 dollars. Et dire que tout ça, ce n'était même pas pour moi. Si j'avais su... » Aujourd'hui consultant pour la chaîne L’Équipe, Raymond Domenech n’avait pas voulu revenir sur cet épisode à l’occasion du dernier Mondial en Amérique du Nord, regrettant seulement « le silence de la Fédé et de son DTN qui m'ont laissé seul. »