«Ce n’est pas un gentil mec» : Quand Raymond Domenech réglait ses comptes avec Zinedine Zidane !
Hugo Chirossel -
Journaliste
Passionné de football depuis le plus jeune âge, devenir journaliste sportif est rapidement devenu une évidence pour Hugo. Il se découvrira plus tard un amour pour la NBA, avant d’explorer d’autres horizons comme ceux de la Formule 1 et de la NFL.

Dernier entraîneur de la carrière de joueur de Zinedine Zidane, Raymond Domenech avait réagi en 2016 à sa nomination sur le banc du Real Madrid. Si l’ancien sélectionneur de l’équipe de France le considère comme « un mythe », il estimait en revanche à l’époque que le Ballon d’Or 1998 n’était pas une « star lisse », ni un « gentil mec ».

10 ans avant de devenir le sélectionneur de l’équipe de France, Zinedine Zidane était promu entraîneur principal du Real Madrid à la place de Rafael Benitez. Pour l’occasion, Raymond Domenech s’était confié auprès du Monde sur la nomination de Ballon d’Or 1998 et tout l’emballement médiatique qu’elle avait provoqué.

« Ce n’est pas une star lisse, ce n’est pas un gentil mec »

« Dieu est revenu ! C’est beau ! C’est ahurissant ce battage médiatique. Les chaînes d’infos en continu comme BFM-TV et i-Télé ont arrêté leur programme pour faire des éditions spéciales Zinédine Zidane. Tout d’un coup, il n’y avait plus de conflit entre l’Arabie saoudite et l’Iran, plus de problème d’économie mondiale. Notre société marche sur la tête. Mais Zidane n’y est pour rien », déclarait Raymond Domenech avant d’être interrogé sur ce qui, selon lui, fascinait autant chez Zinedine Zidane.

« Ce n’est pas une star lisse, ce n’est pas un gentil mec »

« Zidane incarne le talent, la créativité, il était capable de faire sur un terrain ce que les autres ne savaient pas faire. Et il a en plus cette capacité à ne pas parler beaucoup. Quand il a commencé à faire de la télé son sponsor lui a d’ailleurs demandé d’arrêter. Ça lui donne cette part de mystère qui entoure les stars. Zidane, lui, c’est un mythe. Mais ce n’est pas une star lisse, ce n’est pas un gentil mec. Il est capable de tout, et c’est ce qui en fait un dieu humain », expliquait Raymond Domenech, notamment en référence au coup de tête de l’ancien capitaine de l’équipe de France sur Marco Materazzi en finale de la Coupe du monde 2006.

« L’épisode du coup de boule fait partie du mythe »

Un geste pour lequel, d’après Raymond Domenech, Zinedine Zidane n’a jamais eu besoin du pardon de l’opinion publique : « Pardonner ? Mais personne n’a eu besoin de lui pardonner car on ne l’a même pas accusé. Quand on est rentrés à Paris après la finale de Berlin on a été reçus à l’Elysée par le président de la République avec la Légion d’honneur ! L’épisode du coup de boule fait partie du mythe. Ça en a fait un dieu humain. Un mec qui met un coup de tête à un type qui l’a insulté, il n’y a pas plus humain. Les gens n’ont vu qu’un joueur dans cette histoire, mais personne n’a jamais pensé à ce que Thuram, Henry, Vieira, Malouda ou Sagnol avaient pu ressentir. Lui avait fait un mauvais geste et les autres avaient perdu la finale de la Coupe du monde. Comme tout mythe, il bénéficie d’une forme d’immunité. » En tout cas, déjà à l’époque, Raymond Domenech voyait Zinedine Zidane succéder à Didier Deschamps sur le banc des Bleus. « Il n’y a pas plus légitime que lui pour remplacer Didier Deschamps. Et le jour où Didier arrêtera, c’est lui qui prendra sa succession. Mais pour cela, il fallait qu’il passe par le Real Madrid. »

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