Des mois après le fiasco sud-africain, Thierry Henry a brisé le silence sur Canal+, revenant sans détour sur son statut au sein d'un vestiaire à la dérive et sur la célèbre grève des joueurs de l'équipe de France à Knysna. Des confidences rares, venues d'un joueur qui s'est toujours montré très discret sur cet épisode.

L'été 2010 restera comme l'un des pires souvenirs de l'histoire du football français. Éliminés dès le premier tour d'une Coupe du monde qu'ils abordaient pourtant avec l'étiquette de finalistes sortants, les Bleus de Raymond Domenech avaient sombré dans un chaos sans précédent. Tout avait basculé après l'expulsion de Nicolas Anelka du groupe, consécutive à des propos insultants à l'encontre du sélectionneur, révélés en une du journal L'Équipe. En signe de protestation, l'ensemble des joueurs avait refusé de s'entraîner sur le terrain de Knysna, s'enfermant dans le bus sous les caméras du monde entier. L'image, désastreuse, avait provoqué une onde de choc jusqu'au sommet de l'État, entraînant également des sanctions pour plusieurs cadres du groupe, dont Thierry Henry lui-même.
« J’aurais pu être le grand frère mais je ne l’étais plus »
Quatre ans après ses adieux glorieux à la sélection lors du Mondial 2006, l'ancien capitaine avait vécu cette compétition comme un naufrage personnel, loin de son statut de leader historique. C'est justement cette place perdue au sein du groupe France que Thierry Henry a évoquée avec une franchise inhabituelle. Longtemps considéré comme le grand frère du vestiaire, l'attaquant a reconnu avoir été mis à l'écart bien avant l'explosion de la crise à Knysna. « J’aurais pu être le grand frère mais je ne l’étais plus. Je me suis senti écarté. On ne me parlait plus. Avant on me parlait davantage. Mais quand on n’a plus de crédibilité dans un groupe ça devient difficile. Ma fierté en a pris un coup » avait expliqué l'attaquant français en 2010, au micro de Canal+.
Thierry Henry a défendu Anelka
Des mots qui en disent long sur la solitude ressentie par une légende du football tricolore, elle qui avait pourtant porté l'équipe de France vers le titre mondial en 1998. Mais Henry avait également été l'un des premiers à l'époque à évoquer le gros scandale qui a éclaté autour de son coéquipier Nicolas Anelka, prenant sa défense. « J’étais dans le vestiaire. Ce qui me frappe c’est cette une de l’Equipe. Ce ne sont pas les mots de Nico. Il ronchonnait, il marmonnait » a-t-il confié.
« Je sais ce que c’est d’être seul après l’affaire de la Main »
« Je n’ai pas entendu ce qu’il disait mais je sais ce qu’il a dit. Ce sera à lui de vous dire ce qu’il a dit. Certaines personnes auraient pu aller voir Nicolas Anelka, mais le faire rentrer comme ça en France ! » a poursuivi Thierry Henry, évoquant la polémique qui l'avait personnellement touché quelques années plutôt, à cause d'une main non signalé lors d'un match de l'équipe de France. « Je sais ce que c’est d’être seul après l’affaire de la Main (polémique née du but litigieux de la France contre l'Irlande en barrage des éliminatoires de la Coupe du monde, ndlr). Je ne peux pas laisser un coéquipier comme ça ».