Le 9 juillet 2006, l’équipe de France s’inclinait aux tirs au but en finale de la Coupe du monde face à l’Italie, marquée par le fameux coup de tête de Zinedine Zidane. Mais avant cela, un événement moins connu s’était produit et aurait pu mettre un terme au match de l’actuel sélectionneur des Bleus, finalement expulsé par la suite pour son geste sur Marco Materazzi.

Il y a un peu plus de 20 ans, le 9 juillet 2006, Zinedine Zidane disputait le tout dernier match de sa carrière de joueur. Âgé de 34 ans à l’époque, il avait réussi à mener l’équipe de France jusqu’en finale de la Coupe du monde à Berlin, où les Bleus étaient opposés à l’Italie. Deux de ses gestes ont marqué cette rencontre : sa panenka sur Gianluigi Buffon qui a franchi la ligne après avoir touché la barre, et son coup de tête sur Marco Materazzi.
« Thierry Henry a eu un trauma crânien »
Mais il y a une autre histoire moins connue à propos de cette rencontre. Car, avant de commettre l'irréparable, Zinedine Zidane avait été proche de quitter la pelouse sur blessure à la suite d’un choc avec Fabio Cannavaro, qui s’était déjà occupé de Thierry Henry dès la première minute de jeu. « Thierry Henry a eu un trauma crânien, je n'ai pas peur de le dire. Ce n'était peut-être pas bien médicalement de le laisser jouer, mais lui voulait continuer. On ne pouvait rien faire à l'époque », expliquait Jean-Pierre Paclet, médecin de l’équipe de France à ce moment-là, dans le documentaire de L'Équipe « 9 juillet 2006 ».
« On va vous marcher dessus. Ce sera le match de la mort »
« Je savais que les Italiens avaient peur de nous. Je savais que l'intimidation était l'arme qu'ils allaient utiliser pour gagner. Je connais Cannavaro. Son geste sur Henry voulait dire : ''On va vous marcher dessus. Ce sera le match de la mort" », confiait plus tard Patrick Vieira. Après Thierry Henry, c’est donc Zinedine Zidane qui a fait les frais de l’agressivité de celui qui sera sacré Ballon d’Or cette année-là. À la 80e minute, il se préparait à faire un contrôle à la suite d’un ballon aérien, avant que Fabio Cannavaro n’arrive dans son dos, saute le genou en avant et envoie le capitaine des Bleus au sol, se luxant l’épaule en tombant au sol.
« Ça ne sert à rien. Il est mort, le vieux... »
« Là, on voit qu'il a une luxation de l'épaule et tout le monde se dit que c'est fini pour lui », pensait Jean-Pierre Paclet. C’est alors que Marco Materazzi est venu lui glisser, en italien : « Ça ne sert à rien. Il est mort, le vieux... » Ayant joué à la Juventus pendant de nombreuses années, Zinedine Zidane a entendu et compris ce qu’a dit celui à qui il infligera un violent coup de tête quelques minutes plus tard en prolongation. « Zidane parle italien, il a parfaitement compris. Moi je me dis : allez, c'est le dernier match de Zidane, c'est une finale de Coupe du monde. J'ai fait une manœuvre douce, prudente. Et là, clac, l'épaule est revenue », ajoutait l’ancien médecin de l’équipe de France.