La semaine dernière, Zinédine Zidane a officiellement pris la succession de Didier Deschamps à la tête de l’équipe de France. Anciens coéquipiers en club et en sélection, les deux hommes ne se sont pas croisés autour de cette passation de pouvoir. S’ils se sont toujours respectés, Deschamps avait dégoupillé contre son numéro 10 lors de la Coupe du Monde 1998, avant de rapidement reconnaître qu’il avait regretté ce coup de gueule. Explications.

Une passation de pouvoir logique. Mardi dernier, Zinédine Zidane a logiquement succédé à Didier Deschamps à la tête de l’équipe de France. Nouveau sélectionneur des Bleus, l’ancien numéro 10 s’est engagé jusqu’en 2030 dans ce nouveau rôle. Anciens coéquipiers à la fois du côté de la Juventus et en équipe de France, Deschamps et Zidane ne se sont pas vus afin d’effectuer cette « transmission de flambeau ». Depuis plusieurs années, certaines rumeurs évoquent un possible « malaise » entre les deux hommes, qui auraient pris leurs distances depuis leur carrière de joueur.
« Zinédine, c’est impardonnable »
Mais comme l’a indiqué l’Equipe dans un grand sujet consacré à leur relation en 2022, les deux hommes se sont toujours grandement respectés. Une fois seulement, la tension est montée. En pleine Coupe du Monde 1998, Zinédine Zidane est expulsé lors du second match de poules face à l’Arabie Saoudite après avoir piétiné son adversaire. Résultat, le meneur de jeu des Bleus est suspendu durant deux matchs, et manquera le dernier match de poules ainsi que le 8ème de finale face au Paraguay. Capitaine, Didier Deschamps ne manque pas de sermonner le numéro 10 devant les caméras. « Zinédine, c’est impardonnable. On sait que c’est un joueur impulsif mais bon, il va nous condamner sur deux ou trois matches. Je pense qu’il va les prendre. Sachant l’importance qu’a Zidane dans notre jeu, c’est vrai que c’est un atout important que l’on perd », avait ainsi pesté Didier Deschamps.
« Zizou excuse moi, j’ai fait une connerie »
Une sortie marquante à l’époque, et que le désormais ex-sélectionneur des Bleus avait rapidement regretté, comme il l’avait avoué dans l’émission de TF1 « 98 - Secrets d’une victoire ». « Je sais, je m’en suis voulu. Mais j’ai fait des erreurs moi aussi. Pourtant, j’ai toujours eu l’habitude d’être sous total contrôle, mais là, ça m’a tellement énervé de le voir faire ça. Et qu’on n’allait pas l’avoir pour la suite. Vu la faute, ça pouvait être assez grave. Je me rappelle avoir eu ses propos que je regrette et qui étaient déplacés. A peine arrivé à Clairefontaine au retour, il avait été mis au courant. Je l’ai calmé tout de suite, je lui ai dit "zizou excuse moi, j’ai fait une connerie, j’en fais moi aussi. Je n’aurais pas dû », avait avoué Deschamps en 2018.
« En équipe de France, ils n'étaient pas proches, mais ils savaient très bien qu'ils avaient besoin de l'un et de l'autre »
Également interrogé sur cette expulsion compromettante au sein de la même émission, Zinédine Zidane avait lui aussi reconnu que son geste n’avait pas lieu d’être. « C’était mon mauvais côté, personne n’est parfait. Je ne l’étais pas. Je ne suis pas fier de ce que j’ai pu faire de temps en temps sur un terrain. Et ce geste là, quand j’écrase le joueur, je n’en suis pas fier », confiait celui qui a donc repris le flambeau de sélectionneur avec les Bleus. Au delà de cet épisode, la relation entre Zidane et Deschamps a toujours été cordiale, même si au sein de l’équipe de 1998, ils n’étaient pas les plus proches comme l’a témoigné un membre du staff de l’époque auprès de l’Equipe : « En équipe de France, ils n'étaient pas proches, mais ils savaient très bien qu'ils avaient besoin de l'un et de l'autre. Ils ont toujours eu de l'admiration pour leurs qualités complètement différentes. Mais les deux incarnaient bien cette mentalité de 98. DD, c'était la gagne. ZZ, c'était aussi la gagne, mais avec le plaisir du jeu. On retrouve ces caractéristiques à travers les immenses entraîneurs qu'ils sont devenus. »