Tout s’est joué à un coup de fil. A quelques jours du coup d’envoi de la Coupe du monde 98, Aimé Jacquet recevait un appel d’un des 22 joueurs sélectionnés par ses soins : Frank Leboeuf. Étant à l’époque à bout au vu du traitement médiatique qui lui était réservé, l’ancien défenseur avait décidé de tout arrêter et en avait fait part à son sélectionneur. Leur conversation téléphonique a changé la donne et le destin des deux hommes.

France 98, une génération qui est entrée dans les cœurs des amoureux du football dans l’hexagone. Didier Deschamps, Zinedine Zidane, Fabien Barthez, Lilian Thuram, Youri Djorkaeff, Thierry Henry et bien d’autres talents. Bien que la première étoile mondiale française fut décrochée il y a 28 années de cela, certains membres de ce groupe figurent toujours dans le paysage du football. Que ce soit en tant que consultant dans les médias à l’instar de Thierry Henry ou encore de Christophe Dugarry ou bien comme entraîneurs comme Laurent Blanc, Deschamps et Zidane qui se sont tous succédés à la tête de l’équipe de France entre 2010 et ce 28 juillet 2026, date de l’intronisation de Zizou chez les Bleus.
Leboeuf a failli manquer le Mondial 98
Derrière la première rangée de stars se trouvent plusieurs joueurs ayant eu un second rôle dans la quête de la Coupe du monde 98 à domicile. Ce fut notamment le cas de Frank Leboeuf qui avait été barré par la concurrence en défense centrale pendant une grande partie de la compétition face à Marcel Desailly et Laurent Blanc. Néanmoins, le carton rouge écopé par Blanc en demi-finale contre la Croatie (2-1) a poussé Leboeuf sous le feu des projecteurs du Stade de France pour la grande finale face au Brésil le 12 juillet 1998. Un moment marquant de sa longue carrière qui aurait pu ne jamais voir le jour s’il s’était écouté.
«Je l’ai eu au téléphone entre le tournoi du Maroc et la Coupe du monde pour lui dire que je ne viendrais pas à la Coupe du monde»
En 2017, Frank Leboeuf était entouré de Christophe Dugarry, d’Emmanuel Petit et de Fabien Barthez pour l’émission du Vestiaire diffusée sur RMC Sport. L’occasion pour l’ancien défenseur des Bleus et de Chelsea de se livrer sur le fait qu’il ait été à deux doigts de manquer la Coupe du monde 98. Au bout du rouleau après le Tournoi Hassan II au Maroc fin mai, Frank Leboeuf avait contacté au téléphone Aimé Jacquet, ex-sélectionneur de l’équipe de France, pour lui dire que tout était fini. « Aimé Jacquet a été très critiqué avant la Coupe du monde 98 ? Il a essayé de nous protéger. Je l’ai eu au téléphone entre le tournoi du Maroc et la Coupe du monde pour lui dire que je ne viendrais pas à la Coupe du monde ».
«Je l’ai appelé : ‘je le sens pas, j’en ai marre de me faire tailler à chaque fois que je viens en équipe de France»
La raison de cette décision était simple et reposait uniquement sur sa volonté de ne pas vivre ce qui était devenu son quotidien depuis de longs mois désormais. A savoir un acharnement médiatique néfaste sur ses performances. « Je n’ai pas envie parce que je me suis fait démonter pendant le tournoi. Je suis rentré à Londres parce qu’on avait quelques jours de repos et je l’ai appelé : ‘je le sens pas, j’en ai marre de me faire tailler à chaque fois que je viens en équipe de France, ça me casse les cou*lles’ ».
«Il a eu des mots très forts en me disant : ‘si vous me lâchez, je ne sais pas ce que je vais devenir’»
Cependant, le discours d’Aimé Jacquet a eu le mérite de faire réfléchir Frank Leboeuf jusqu’à le faire revenir sur sa décision initiale. « Il a eu des mots très forts en me disant : ‘si vous me lâchez, je ne sais pas ce que je vais devenir’. J’avais morflé pendant deux ans, ça me cassait les cou*lles. Aimé avait eu des mots très forts parce qu’il ne savait pas comment ça allait se passer pour lui. Il s’est fait démonter en tant qu’entraîneur, mais aussi en tant qu’homme, sa famille, son accent, sa façon de parler et c’était pathétique. Il était à fleur de peau, mais a eu cette force de ne pas nous le faire ressentir ». L’ex-défenseur des Bleus a été animé par un devoir envers Aimé Jacquet. Et la fin de l’histoire fut idyllique avec une célébration magique face au Brésil.