Vainqueur de la Coupe du monde en 1998, Zinédine Zidane était également dans le groupe tricolore lors du fiasco en Corée du Sud quatre ans plus tard malgré une blessure à la cuisse gauche survenue avant le début de la compétition. Les Bleus, éliminés dès la phase de groupes, avaient notamment été secoués par Roger Lemerre après leur entrée en lice ratée face au Sénégal (défaite 0-1).

Zinédine Zidane s’apprête à vivre une nouvelle aventure en équipe de France. International entre 1994 et 2006, l’ancien meneur de jeu a sans surprise été choisi pour succéder à Didier Deschamps comme sélectionneur. « J'ai eu des propositions pendant ces 4-5 dernières années pour reprendre un club. Je les ai toutes refusées pour l'équipe de France. C'était la seule chose que je voulais faire après le Real Madrid, savourait le mois dernier Zinédine Zidane libre depuis 2021. Je l'ai connue gamin, j'ai commencé minime, j'ai franchi toutes les étapes jusqu'aux A. C'est le summum. Je vais tout donner pour que cette équipe continue à gagner. C'est une joie immense. Je suis heureux de ce qui m'arrive aujourd'hui, de pouvoir devenir le sélectionneur de l'équipe de France. Je me contiens mais j'ai beaucoup d'émotions en moi. Je suis prêt pour le défi. »
Le fiasco du Mondial en Corée du Sud
Durant sa carrière de joueur, l’ex-meneur de jeu a connu de gros succès avec l’équipe de France, remportant la Coupe du monde en 1998 puis l’Euro en 2000, mais également quelques revers marquants. Arrivé blessé, Zinédine Zidane n’avait pas pu empêcher le fiasco des Bleus au Mondial 2002 en Corée du Sud. Après une première défaite face au Sénégal (0-1), les Français s’étaient fait rappeler à l’ordre par Roger Lemerre avant la deuxième rencontre cruciale contre l’Uruguay.
Le coup de gueule de Roger Lemerre
« On sait pourquoi on est venus. On est venus pour, éventuellement, aller au bout. 67 jours de Coupe du monde en France, c’est vrai que c’est plus facile. Mais vous êtes restés quand même 67 jours ensemble. Sans une anicroche, sans un coup de pied. Et pour le moment on est encore ça. Alors il faut qu’on arrête. Il faut qu’on arrête maintenant. Je dis et je regarde tout le monde : faut qu’on arrête ! Faut s’y mettre, avait prévenu le sélectionneur de l’époque, prenant la mesure de la menace qui planait au-dessus de l’équipe de France. Autrement, on va encore être déculottés. Et puis ça va être la honte. Parce que faut dire les choses comme elles sont. On a été battus au Sénégal, je vais vous dire quand même ce n'est pas contre le Sénégal. Parce qu’ils sont méritants. Mais c’est contre nous-mêmes. Ça reste là hein (il se touche la gorge) ! Ça reste là le Sénégal. Si ça vous reste pas là, moi je vous le dis, ça me reste là ! Et quand je regarde tout le monde, je dis on est tous responsables ! Y compris le Président de la Fédération. Parce qu’on est tous dans le même bateau ! Et on l’a accepté ! Et on l’a accepté depuis longtemps pour certains. Si on peut plus, on peut plus, mais faut le dire ! Et ça faut être clair. Là-dessus je vais être très clair. Gentil, gentil. Intelligent, intelligent. Respect de l’autre, alors là touchez pas à un cheveu de mon pote ! N’y touchez pas ! Mais respectez-moi et respectons ce qu’on a décidé de faire ensemble. »
« Faut arrêter de se la raconter »
« C’est pas de vous engueuler, c’est qu’il y a un moment faut remettre les choses au clair. Et qui ne sont pas difficiles. Qui ne sont pas difficille. P*tain le foot, il n’y rien de plus simple ! C’est pas difficile de venir déjeuner, de venir à l’entraînement. Ar-rê-tez de vous la ra-con-ter ! Faut arrêter de se la raconter ! Faut arrêter de se la raconter ! Faut les retrousser. Courir, faut courir. Un moment, on n’a pas envie, et bah il faut revenir, il faut revenir. P*tain mais c’est malheureux que je sois obligé de dire ça ! C’est malheureux. J’ai même plus le sentiment que pour certains on dispute sa chance. Alors, attention. Attention ! Je dis attention ! Attention ! Il n’y aura pas de réunion, allez hop c’est fini, partez, avait conclu Roger Lemerre. On verra…les machins, j’en suis pas capable. C’est clair. Allez hop, ça fait rien. Mangez un bon coup, vous réfléchirez là-dessus, on la fera plus tard. »
Ce discours puissant n’avait finalement pas porté ses fruits, avec un nul contre l’Uruguay (0-1), toujours sans Zinédine Zidane, laissé sur le banc. L’ancienne star de la Juventus et du Real Madrid avait fait son retour pour le troisième match contre le Danemark, sorti vainqueur de ce match contre les Bleus, éliminés dès la phase de groupes.