Encore une fois très impressionnant face à Tadej Pogacar sur Liège-Bastogne-Liège, Paul Seixas semble se présenter comme un candidat crédible au podium du Tour de France. Mais encore faut-il qu'il s'engage sur l'épreuve. Et pour Pierre Rolland, ce serait une très mauvaise idée.

Après son éclatante victoire sur la Flèche wallonne, Paul Seixas a buté sur Tadej Pogacar sur Liège-Bastogne-Liège. Deuxième de l'épreuve, le Français a toutefois offert un combat titanesque au Slovène qui a du s'employer encore plus que d'habitude pour s'imposer. Un duel palpitant qui fait déjà saliver les fans de cyclisme en vue du Tour de France. Seul problème, Paul Seixas n'a toujours pas officialisé sa présence sur la Grande Boucle. Et bien que la tendance soit positive, Pierre Rolland estime que ce serait une mauvaise idée que le Français participe déjà à la plus grande course du monde face à des coureurs expérimentés et qui ont l'habitude de ce genre d'épreuve. Il conseille même à Paul Seixas d'aller sur d'autres grands tours, à commencer par la Vuelta.
«Qu'il revienne sur le Tour de France pour gagner le Tour de France»
« Il a pris une minute aujourd'hui (Dimanche sur Liège-Bastogne-Liège), et Pogacar s'est relevé. Sur le Tour de France, c'est un quart d'heure sur trois semaines. Il finit à un quart d'heure. Mais c'est bien tant mieux ! Apprendre en perdant... Pour moi tu apprends en gagnant. Donc qu'il aille gagner la Clasica San Sebastian, qu'il aille gagner le Tour de Pologne, qu'il aille gagner la Vuelta, et qu'il revienne sur le Tour de France pour gagner le Tour de France, avec l'expérience d'avoir fait une Vuelta et d'avoir porté un maillot de leader, d'avoir été au contrôle antidopage, et au protocole », confie-t-il sur le plateau de L'EQUIPE du Soir, avant de poursuivre.

«On peut le tuer le gamin. On peut le tuer»
« Parce que le Tour de France, ce n'est pas uniquement faire du vélo. Le Tour de France, ce sont des sollicitations du matin au soir. C'est être réveillé à 6h du matin parce que tu as un contrôle antidopage, répondre aux médias le matin et le soir après l'étape, puis contrôle le soir. On peut être contrôlé jusqu'à trois par jour quand on est cycliste. Tout ça, ça s'apprend. Mais si en plus, il y a toute la bulle Tour de France qui vient l'assommer, mais on peut le tuer le gamin. On peut le tuer. Mais je ne parle pas d'âge ! Il faut juste choisir les bons combats », ajoute Pierre Rolland.