Alors que Tadej Pogacar et l'équipe UAE sont en train d'écraser le Tour de Suisse à quinze jours du départ du Tour de France, une certaine fatalité semble avoir de nouveau gagné les adversaires du Slovène sur l'épreuve. Un piège que devront éviter Jonas Vingegaard et Paul Seixas alors que le Grand Départ approche à grand pas.

Tadej Pogacar n'a pas traîné à l'occasion de sa reprise de la compétition sur le Tour de Suisse. Le double champion du slovène a littéralement écrasé la course dès la première étape, s'envolant à plus de 70 kilomètres de l'arrivée pour l'emporter en solitaire avec une large avance sur ses poursuivants, pliant d'entrée le classement général.
« Il n'y a plus de course, c'est incroyablement démotivant »
A l'occasion du podcast In de Waaier, Thijs Zonneveld, l'ancien coureur aujourd'hui consultant, constate que le peloton est de nouveau gagné par une forme de fatalisme, pour ne pas dire découragement, expliquant dans des propos relayés par cyclinguptodate.com : « Pogacar gagne quelques secondes dans une petite montée, il accélère un peu, et c'est tout. Plus personne ne tente le tout pour le tout, plus aucune équipe ne se lance en tête. Non, il termine la course à son allure d'entraînement. Il était encore frais comme une rose. Sur le plat et dans les descentes, il est resté tranquillement assis, observant un peu les alentours. C'était loin d'être un effort maximal. En Romandie, il avait déjà essayé de se ménager. Il a un peu essayé la même chose aujourd'hui, mais ça n'a pas suffi à permettre à qui que ce soit de le rattraper. Tout le monde abandonne quand Pogacar a une minute d'avance. C'est la conséquence d'une telle domination. Carapaz tente un peu de revenir. Il reste sous les deux minutes pendant un moment, mais on ne voit la différence qu'à la fin. Dans cette dernière petite montée, Pogacar a fait 3 min 15 s et Carapaz 3 min 51 s. Il a dû forcer car la pente était à 12 %. C'est là qu'on voit à quel point il est meilleur. Il n'a pas du tout continué sur le plat. S'il l'avait voulu, il aurait pu creuser quatre minutes d'écart avec Carapaz. Il n'y a plus de course. C'est incroyablement démotivant ».
Visma-Lease A Bike l'an dernier, l'exemple à ne pas suivre...
Ce découragement, c'est exactement ce que recherche Pogacar en écrasant la course d'entrée, ce qui annihile une grande partie des offensives futures de ses adversaires. C'est le piège que devront éviter Jonas Vingegaard et Paul Seixas pendant le Tour de France, exactement à l'inverse de ce qu'avait fait la Visma-Lease A Bike l'an dernier lorsqu'elle avait stoppé net sa grande offensive en troisième semaine pensant qu'il n'y avait rien à faire face à Pogacar alors que ce dernier était en fait en grande souffrance et beaucoup plus vulnérable qu'on pouvait le penser.