Alors que Jonas Vingegaard arrive regonflé en vue Tour de France, autant par sa victoire au Giro que par sa nouvelle approche du mois de juillet, et que Paul Seixas compte bien y poursuivre son ascension vers les sommets, Tadej Pogacar a, comme il en a l'habitude, veillé à bien marteler le mental de ses rivaux. Et il a utilisé le Tour de Suisse pour cela...

Depuis plusieurs semaines, entre un Jonas Vingegaard reboosté par sa victoire au Giro et sa nouvelle approche de juillet qui annonce qu'il pense être plus fort sur le Tour, et un Paul Seixas qui espère bien poursuivre son ascension sur les routes du Tour de France pour s'approcher encore plus de lui, Tadej Pogacar a senti souffler le vent de la rébellion.
L'objectif de Pogacar était d'assommer moralement Vingegaard et Seixas
Fidèle à son habitude, lui qui a toujours veillé à bien matraquer mentalement ses adversaires avant un grand rendez-vous, afin de les maintenir dans une situation d'infériorité, le double champion du monde n'a pas tardé à remettre les pendules à l'heure histoire de bien impressionner à quinze jours du Grand Départ. A l'occasion de la première étape du Tour de Suisse, Pogacar est ainsi parti seul à plus de 70 kilomètres de l'arrivée pour l'emporter avec une très large avance. Le message à ses rivaux est clair : vos nouvelles ambitions ne vont pas résister longtemps...
« Je pense qu’aujourd’hui, il y a Pogacar et les autres, les faits sont les faits »
A l'occasion de sa chronique pour cyclismactu.net, Cyrille Guimard ne s'y est d'ailleurs pas trompé : « Je pense qu’aujourd’hui, il y a Pogacar et les autres. Ça, on ne peut pas le nier, les faits sont les faits. Et on s’aperçoit aussi d’une chose importante, parce que ce n’est pas la première fois que cela se produit : quand la course monte d’un ou deux crans, il ne reste déjà plus beaucoup de coureurs. Et au moment où Pogacar accélère un tout petit peu – on peut même se demander s’il a réellement accéléré aujourd’hui –, plus personne n’essaie d’aller le chercher. C’est logique, parce que tout le monde sait que si vous essayez de suivre Pogacar, dans les 500 mètres qui suivent, il va vous mettre une ou deux accélérations et vous exploser. Et il n’est même pas certain que vous puissiez reprendre les roues derrière. On l’a déjà vu plusieurs fois. Donc, quand il bouge, on sait qu’il va déposer tout le monde. Les autres le laissent partir et font leur course derrière. D’ailleurs, ils ont raison. Quand on regarde l’évolution des écarts entre le premier groupe, le deuxième et le troisième, on voit une progression très linéaire. Même les coureurs qui contre-attaquent ne reprennent que dix ou quinze secondes au moment de sortir du groupe, puis continuent ensuite à perdre du temps de manière régulière. Tous les kilomètres, ils abandonnent quelques secondes. Donc oui, Pogacar est un ton au-dessus de tout le monde. Les faits sont les faits ».