Sans surprise, Zinedine Zidane a remplacé Didier Deschamps à la tête de l'équipe de France. Il faut dire que cela faisait un an et demi que l'ancien coach de l'OM avait annoncé qu'il quitterait son poste à l'issue de la Coupe du monde. Mais alors qu'il pensait avoir rendu service à la FFF, cela s'est retourné contre lui.

En débutant la Coupe du monde 2026, tout le monde savait que Didier Deschamps disputait sa dernière compétition internationale en tant que sélectionneur de l'équipe de France. Et pour cause, dès le 6 janvier 2025, sur le plateau du 20 Heures de TF1, il avait confirmé qu'il laisserait sa place. Une façon de laisser du temps à la FFF de travailler sur sa succession, bien qu'il ne faisait aucun doute sur le fait qu'il s'agirait de Zinedine Zidane. Mais alors qu'il pensait rendre service à Philippe Diallo, Didier Deschamps va se rendre compte que sa décision va se retourner contre lui.
Deschamps a craqué en coulisses
En effet, François Vignolle, co-auteur du livre « Des étoiles dans leurs yeux » consacré au parcours de l'équipe de France durant la Coupe du monde 2026 avec Philippe Sanfourche et Loïc Tanzi, se confie sur la façon dont Didier Deschamps a vécu le Mondial de l'intérieur. « Quand Didier Deschamps annonce qu’il va quitter les Bleus après la Coupe du Monde 2026, il prend tout monde de surprise. Nous sommes le 6 janvier 2025, il accompagne Brigitte Macron sur le plateau de TF1 pour la campagne des pièces jaunes. Philippe Diallo nous le dit de manière un peu détournée. Il a été surpris par cette déclaration. Mais Didier Deschamps se soulage, soulage aussi sa fédération en disant : "Ça y est, je m’en vais". Et en fait Il sait qu’il va éteindre toutes les polémiques sur qui va le remplacer et qui pourrait parasiter la fin de son mandat et surtout la préparation de son équipe », explique-t-il dans une interview accordée à Paris-Match.
«Il a l’impression que la fédération française est déjà passée à Zidane»
D'ailleurs, selon François Vignolle, l'interview de Didier Deschamps à M6 après la défaite contre l'Angleterre en disait long sur la façon dont il s'était senti abandonné en coulisses. « Un environnement irrespirable », avait ainsi été décrit par le sélectionneur des Bleus. « Donc là-dessus, je pense qu’il part un peu plus léger et surtout il enlève une écharde du pied de Diallo sur sa communication. C’est quand même beaucoup plus facile pour ce dernier de discuter ensuite avec Zinédine Zidane, qui est le sélectionneur qui est désiré par l’opinion publique. Par contre, aux États-Unis, il ne se sentira pas soutenu, il a l’impression que la fédération française est déjà passée à Zinédine Zidane. Il y avait comme un mur de Boston, entre le Four Seasons Hotel et les équipes de Diallo. Didier Deschamps est quelqu’un de très sensible, paradoxalement. Sa déclaration sur M6 : "c’était devenu irrespirable", s’appliquait aussi à la FFF », ajoute le journaliste.
«C’est un peu son coup de boule façon Zidane»
Mais surtout, après l'Espagne, Didier Deschamps va surprendre en s'en prenant à l'arbitrage, ce qui n'était pas dans ses habitudes. « Je pose une question et je ne vais pas y répondre : "Est-ce que l'arbitre a le niveau pour arbitrer une demi-finale de Coupe du monde ?" (...) Et ce n'est pas parce qu'on a perdu que je dis ça, mais il y a eu certaines situations... Souvent en notre défaveur aussi », avait-il lâché après la défaite en demi-finale. Et pour François Vignolle, c'est un peu son coup de boule à lui. « C’est Philippe Sanfourche (coauteur du livre) qui a trouvé ce parallèle très juste. C’est un peu son coup de boule façon Zidane, toutes proportions gardées bien sûr, mais c’était un moment irrationnel, où il contrôlait moins les choses. Lui, qui a toujours été dans le contrôle, beaucoup dans la langue de bois. Il fait ici du hors-piste et malheureusement, il chute, car on ne peut pas dire que l’arbitre ait fait un mauvais match. D’ailleurs en conférence de presse, il se reprendra. Il est suffisamment intelligent pour comprendre que ça a été une bouillie de football, une faillite totale, que c’est la dernière image que l’on gardera de lui. Quand il répond aux premières questions, il y a tout ça qui remonte. Et lui qui a toujours été dans le contrôle, il fait une petite sortie de route », conclut le journaliste.