C’est en tant que sélectionneur que Zinédine Zidane s’apprête à retrouver l’équipe de France. Il y a vingt ans, le Marseillais avait mis fin à son histoire avec les Bleus sur un carton rouge en finale de la Coupe du monde après son coup de boule sur Marco Materazzi. Un craquage qui n’avait pas été digéré par Willy Sagnol.

Pour l’équipe de France, c’est une page qui se tourne après les quatorze années de présence de Didier Deschamps. Pour Zinédine Zidane, « c’est un rêve » qui se réalise après une première expérience comme entraîneur au Real Madrid. Nommé à la tête des Bleus le mois dernier, l’ex-meneur de jeu n’a pas caché son bonheur à l’idée de retrouver la sélection tricolore. « J'ai eu des propositions pendant quatre ou cinq ans pour reprendre un club et je les ai toutes refusées pour l'équipe de France. C'est la seule chose que je voulais faire. Je l'ai connue gamin, j'ai commencé minime, j'ai franchi toutes les étapes jusqu'à arriver à la sélection A. Je vais tout donner pour que cette équipe continue à gagner, c'est la seule chose qui m’anime », confiait-il.
Le coup de boule de Zidane mal accepté par Sagnol
Il y a vingt ans, Zinédine Zidane disputait l’ultime match de sa carrière sous le maillot de l’équipe de France à l’occasion de la finale de la Coupe du monde face à l’Italie (1-1 a.p., 5-3 aux t.a.b.). Une rencontre que l’enfant de la Castellane n’a pas terminé à cause d’un carton rouge reçu pour ce coup de boule entré dans l’histoire sur la poitrine de Marco Materazzi. Un fait de jeu déterminant sur l’issue du match qui a provoqué des crispations dans le vestiaire des Bleus. Si certains joueurs de Raymond Domenech n’en avaient pas tenu rigueur à Zinédine Zidane, Willy Sagnol, lui, admet l’avoir eu mauvaise.
« J'ai dû partir aux toilettes, fumer 250 clopes en dix minutes »
« Mon pire et mon meilleur souvenir en même temps », avait résumé Willy Sagnol en 2020 à propos de cette finale de Coupe du monde contre l’Italie. Dès le début du match, l’ancien défenseur était resté circonspect en voyant son coéquipier tenter (et réussir) une panenka malgré l’enjeu. « C'est mon côté vieux jeu qui me fait dire que lorsque tu fais une panenka, tu prends quand même de gros risques. Tu joues un petit peu avec le feu, déclarait-il au micro de RMC. Quand je vois ce penalty marqué, j'ai deux réflexions. La première, c'est qu'il est complètement fou de tenter ça en finale de Coupe du monde. La deuxième, c'est que j'espère que ça va pas nous retomber sur la gueule. » Vient ensuite le craquage de Zinédine Zidane moins de deux heures plus tard, difficilement accepté à l’époque par Willy Sagnol, assumant le fait d’être « un petit peu » énervé contre son capitaine. « Tu rentres dans le vestiaire, t'as perdu, t'as un mec qui parle et s'excuse. Mais tu ne l'entends pas! T'es dans ta déception, dans ton monde. (...) Je n'ai pas envie d'accepter ses excuses, ni de discuter avec lui. Ce n'est pas le moment, confiait l’actuel sélectionneur de la Géorgie dans l’émission Team Duga. J'ai dû partir aux toilettes, fumer 250 clopes en dix minutes. C'est comme ça que j'ai évacué. »
« On avait un peu les boules »
« Après ce qu'il s'est passé, comme beaucoup, on avait un peu les boules. On l'a tous exprimé d'une façon ou d'une autre. (...) Mon caractère faisant, j'ai préféré le garder pour moi. Mais ça n'empêche pas que j'avais une certaine rancoeur. Un mauvais goût pour la bouche », avait déjà admis Willy Sagnol l’année précédente, dans l’émission La Boîte à Souvenirs sur RMC.
Ce n’est que deux ans plus tard que les deux hommes parviendront à renouer le lien, jusqu’à un événement particulier. « Ça a laissé des traces. On ne s'est pas parlé pendant presque deux ans. En 2008, après le championnat d'Europe, je devais me marier. C'est ma femme qui m'a dit de le faire venir », avait révélé Willy Sagnol. « Ça ne reste que du football, même si c'est un rêve qui est parti, relativise-t-il aujourd’hui. Je l'ai appelé, je lui ai envoyé un message et il m'a dit d’accord. »
« Il ne pouvait pas venir le soir, à la fête, mais il m'a fait le plaisir de venir en fin de matinée. On a pris un apéritif ensemble. On a bien discuté, puis la vie est repartie », précisait Sagnol l’année d'après. « C'était sympa d'avoir un ami à son mariage », avait-il conclu.