S'il a laissé derrière lui l'image d'un joueur de grande classe, Zinédine Zidane était également un sanguin qui a parfois perdu son calme. Un incident s'est notamment produit en 1993, du temps de son passage à Bordeaux, avec l'un de ses futurs coéquipiers de l'équipe de France.

Connu pour son calme et ses qualités techniques exceptionnelles, Zinédine Zidane cache une impulsivité qui lui a parfois coûté cher. Son coup de boule sur la poitrine de Marco Materazzi le soir de la finale de la Coupe du monde 2006 contre l'Italie reste gravé dans toutes les mémoires, un incident qui n'a pas été le premier dans la carrière de l'ex-meneur de jeu. En 1993, au début de son aventure avec les Girondins de Bordeaux, Zidane avait déjà perdu son sang-froid face à l'un de ses futurs coéquipiers en équipe de France.
« J'étais obligé de reconnaître la qualité de la droite »
Présent sur le plateau du Vestiaire en 2017, le regretté Rolland Courbis s'était souvenu du craquage de Zinédine Zidane, qu'il entraînait à l'époque en Gironde. « J'ai eu le plaisir de le voir à ses débuts. Je me rappelle d'un match à Marseille où Marcel Desailly l'avait un peu taquiné. Sur un corner, alors que personne ne s'y attendait et qu'on menait 1 à 0, il lui a mis une droite. J'étais surpris, énervé sur le coup. Par contre, j'étais obligé de reconnaître la qualité de la droite », avait-il expliqué.
Rolland Courbis, décédé le 12 janvier dernier, n'en avait pas tenu rigueur à son protégé. « On a terminé à 10 et on perd finalement dans le dernier quart d'heure un match qu'on n'aurait peut-être pas perdu avec Zizou jusqu'au bout, avait-il conclu. Mais ce dernier ne lui en a pas vraiment tenu rigueur. "Il nous en a tellement fait gagner (de matchs, ndlr), on lui pardonne ! »
« On n’en a jamais reparlé »
Zinédine Zidane et Marcel Desailly avaient quant à eux rapidement tourné la page, avant de se retrouver en équipe de France et de triompher à l'été 1998. « On est jeunes… il me met un coup de poing sur un corner parce que je l’ai chiquoté avec mon coude. Il s’est un peu vengé, mais on n’en a jamais reparlé, confiait Desailly en mai dernier, dans les colonnes de L'Equipe. En équipe de France, j’étais prêt à mourir pour lui sur le terrain, pour le protéger et lui permettre de s’exprimer. »
Desailly décrit un « artiste exceptionnel »
Au cours de cet entretien, l'ancien défenseur des Bleus se montrait dithyrambique à l'égard du nouveau sélectionneur. « Ziz’ relevait le niveau de nos entraînements. Il y avait aussitôt une attention différente dans la technicité. Quand il était là, on s’appliquait. Son toucher de balle, ses contrôles au sol, dans les airs et son utilisation du ballon étaient juste magiques, s'enflammait Desailly. La magie, ce sont ses hanches super flexibles, ses changements de direction. Un artiste exceptionnel à qui vous donnez le ballon et lui demandez d’inventer quelque chose. »