Didier Deschamps abandonné en pleine Coupe du monde : «La FFF était déjà passée à Zinedine Zidane»
Arthur Montagne -
Journaliste
Affamé de sport, il a grandi au son des moteurs de Formule 1 et des exploits de Ronaldinho. Aujourd’hui, diplomé d'un Master de journalisme de sport, il ne rate plus un Grand Prix de F1 ni un match du PSG, ses deux passions et spécialités

Cet été, Didier Deschamps a entamé la Coupe du monde en sachant qu'il s'agissait de sa dernière compétition en tant que sélectionneur de l'équipe de France, et qu'il serait remplacé par Zinedine Zidane. D'ailleurs, durant l'épreuve, l'ancien coach de l'OM se serait senti abandonné par la FFF qu'il sentait déjà tournée vers le futur.

Ces derniers jours, les journalistes Philippe Sanfourche, Loïc Tanzi et François Vignolle ont publié le livre « Des étoiles dans leurs yeux » consacré au parcours de l'équipe de France durant la Coupe du monde 2026. Et le personnage principal est Didier Deschamps qui disputait sa dernière compétition sur le banc de l'équipe de France, 14 ans après sa nomination au poste de sélectionneur. Il s'agissait donc d'un évènement, tout comme le choix de son successeur. Tout le monde savait que ce serait Zinedine Zidane qui prendrait la place de son ancien coéquipier. C'est d'ailleurs pour permettre une transition plus facile que Didier Deschamps avait annoncé qu'il quitterait ses fonctions après le Mondial dès le 6 janvier 2025. Philippe Diallo a donc eu tout le temps pour négocier avec Zizou. Et visiblement, le président de la FFF était même tourné très tôt vers l'ère Zidane. A tel point que Deschamps se serait senti abandonné pendant la Coupe du monde.

La FFF a rapidement abandonné Deschamps ?

C'est en tout cas ce que raconte François Vignolle, co-auteur du livre qui rappelle notamment les mots forts de Didier Deschamps après la défaite contre l'Angleterre lors de la petite finale. « Un environnement irrespirable », avait ainsi été décrit par le sélectionneur au micro de M6. « Quand Didier Deschamps annonce qu’il va quitter les Bleus après la Coupe du Monde 2026, il prend tout monde de surprise. Nous sommes le 6 janvier 2025, il accompagne Brigitte Macron sur le plateau de TF1 pour la campagne des pièces jaunes. Philippe Diallo nous le dit de manière un peu détournée. Il a été surpris par cette déclaration. Mais Didier Deschamps se soulage, soulage aussi sa fédération en disant : "Ça y est, je m’en vais". Et en fait Il sait qu’il va éteindre toutes les polémiques sur qui va le remplacer et qui pourrait parasiter la fin de son mandat et surtout la préparation de son équipe. Donc là-dessus, je pense qu’il part un peu plus léger et surtout il enlève une écharde du pied de Diallo sur sa communication. C’est quand même beaucoup plus facile pour ce dernier de discuter ensuite avec Zinédine Zidane, qui est le sélectionneur qui est désiré par l’opinion publique. Par contre, aux États-Unis, il ne se sentira pas soutenu, il a l’impression que la fédération française est déjà passée à Zinédine Zidane. Il y avait comme un mur de Boston, entre le Four Seasons Hotel et les équipes de Diallo. Didier Deschamps est quelqu’un de très sensible, paradoxalement. Sa déclaration sur M6 : "c’était devenu irrespirable", s’appliquait aussi à la FFF », confie ainsi François Vignolle dans une interview accordée à Paris-Match.

«Deschamps est quelqu’un de très sensible, paradoxalement»

Mais ce n'est pas tout puisque Didier Deschamps avait déjà montré des signes d'agacement après la défaite contre l'Espagne en demi-finale, s'en prenant à l'arbitre. « Je pose une question et je ne vais pas y répondre : "Est-ce que l'arbitre a le niveau pour arbitrer une demi-finale de Coupe du monde ?" (...) Et ce n'est pas parce qu'on a perdu que je dis ça, mais il y a eu certaines situations... Souvent en notre défaveur aussi », confiait-il au micro de M6. Un situation comparée au coup de tête de Zinedine Zidane en 2006 par François Vignolle : « C’est Philippe Sanfourche (coauteur du livre) qui a trouvé ce parallèle très juste. C’est un peu son coup de boule façon Zidane, toutes proportions gardées bien sûr, mais c’était un moment irrationnel, où il contrôlait moins les choses. Lui, qui a toujours été dans le contrôle, beaucoup dans la langue de bois. Il fait ici du hors-piste et malheureusement, il chute, car on ne peut pas dire que l’arbitre ait fait un mauvais match. D’ailleurs en conférence de presse, il se reprendra. Il est suffisamment intelligent pour comprendre que ça a été une bouillie de football, une faillite totale, que c’est la dernière image que l’on gardera de lui. Quand il répond aux premières questions, il y a tout ça qui remonte. Et lui qui a toujours été dans le contrôle, il fait une petite sortie de route ».

«Il a l’impression que la fédération française est déjà passée à Zidane»

Enfin, François Vignolle explique les raisons qui l'ont poussé, avec ses confères, à consacrer un livre à Didier Deschamps : « Didier Deschamps, pour nous, c’était le personnage le plus important, car c’était son dernier Mondial. C’est notre fil rouge. En plus, DD raconte une histoire du football français. Il a débuté à Nantes, à la fin des années 80, a été le capitaine de l’OM qui remporte la Ligue des champions en 1993, puis de la Coupe du Monde où il joue avec un certain Zizou. Jamais un sélectionneur n’a eu un mandat aussi long - 14 ans. Remporter une Coupe du Monde c’est extrêmement rare, cette victoire, personne ne pourra lui enlever. On pourra toujours rétorquer que la France a gagné en jouant moche, car il suivait alors une structure d’équipe proche de celle de son mentor Aimé Jacquet, c’est-à-dire très défensive, avec un milieu très impactant, très défensif ».

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