A dix jours des championnats du monde sur route, Paul Seixas apparaît comme l'un des favoris de la course, et l'identité de ses principaux adversaires commence à se dessiner clairement. A partir de là, une stratégie à suivre pendant la cours semble s'imposer plus ou moins logiquement au fil des jours. Analyse.

Après sa prestation impressionnante lors du Grand Prix de Montréal, dont le parcours sera celui des championnats du monde sur route dans dix jours, Paul Seixas a assurément marqué des points dans la perspective du maillot arc-en-ciel. La manière dont le jeune prodige français a sorti tout le monde de sa roue dans la dernière ascension, étant juste repris par Isaac Del Toro quelques hectomètres après avoir basculé au sommet, en a apporté une preuve irréfutable.
« Tout cela me met en confiance, je sens que j'ai les jambes pour jouer la victoire »
Après la course, qu'il a terminé derrière Del Toro du fait d'une erreur d'inattention au sprint, Seixas pouvait légitimement se montrer satisfait : « Tout cela me met en confiance, je sens que j'ai les jambes pour jouer la victoire, c'est ce que j'espérais, j'ai travaillé pour ça. C'est une très bonne nouvelle, et il reste deux semaines pour continuer à progresser. J'ai fait une erreur de débutant, c'est clair, je cherchais le panneau des 200 mètres, je ne l'ai pas vu, je voyais 300 et 100, et je comptais lancer aux 200... Il m'a surpris, il a bien joué, il a vu mon moment d'inattention, car c'est quelqu'un qui sait très bien lire la course. En face, ce sont des gars qui ne se ratent pas, donc il ne faut pas que je me loupe non plus ».
Désormais la liste de ses principaux adversaires se réduit à trois noms...
Compte tenu de son niveau affiché au Grand Prix de Montréal, Seixas apparaît légitimement comme l'un des favoris. Et la liste de ceux qui pourraient lui barrer la route à la pédale pourrait se résumer a priori à trois coureurs : Isaac Del Toro, Remco Evenepoel et Mathieu Van der Poel, au sujet de qui Bernard Hinault expliquait en milieu de semaine : « Je ne pense pas que Mathieu Van der Poel soit forcément le coureur le plus fort pour ce tracé, mais il pourrait bien être le plus malin de tous. Et sans les oreillettes, on n'a pas quelqu'un en permanence dans l'oreille pour dire : "Attention, fais ceci ou cela". Tout repose sur les coureurs eux-mêmes. Et pour lire une course aussi pure, Van der Poel est un maître ».
Une stratégie commence à se dégager pour Seixas...
A partir de là, une stratégie pourrait bien s'imposer d'elle même pour maximiser les chances de Paul Seixas, celle constituant à durcir la course au maximum. D'une part pour éliminer tous les coureurs intermédiaires n'appartenant pas au premier rang des favoris mais capables d'un coup de Trafalgar si ça se joue tactiquement, comme Richard Carapaz, Tom Pidcock ou encore Enric Mas sur son niveau de la Vuelta. D'autre part pour entamer grandement les réserves de Remco Evenepoel et Mathieu Van der Poel, moins bons grimpeurs que Seixas et Del Toro et qui pourraient s'affaisser si la bosse est montée très rapidement à chaque tour. Dans un tel scénario, Seixas pourrait se retrouver en duel avec le Mexicain dans le dernier tour, avec cette fois l'impératif de ne pas plafonner au sommet de la dernière ascension s'il est parvenu à le sortir de sa roue, ou a minima de ne pas faire d'erreur au sprint pour jouer le duel à armes égales.