Le contrôle antidopage inopiné en pleine nuit de Jonas Vingegaard et Tadej Pogacar à la veille d'une grande étape de montagne, et alors que le peloton venait d'en disputer une autre la veille, au-delà du peu d'humanité du processus envers les efforts fournis par les sportifs, ouvre tout de même une question sérieuse. Qui en l'état reste en suspens.

Comme cela a été annoncé rapidement au départ de la 15ème étape, Tadej Pogacar et Jonas Vingegaard ont été réveillés cette nuit-là pour subir un contrôle antidopage inopiné, à 5 heures du matin pour le Slovène, à 2 heures du matin pour le Danois. Au sein du peloton, un tel procédé a suscité une réaction plutôt indignée devant son peu d'humanité, alors que les coureurs ont évidemment besoin de sommeil pour récupérer des efforts fournis et que venir les réveiller en pleine nuit s'avère pour le moins intrusif et violent.
Possible au niveau réglementaire, mais...
Au-delà de cette dimension incontestable, une question demeure ouverte. Pour justifier ce contrôle aussi intrusif, l'International Testing Agency, en charge du sujet, a indiqué avoir au préalable sollicité un juge des libertés et de la détention, comme le prévoit les dispositions réglementaires. Comme l'a indiqué L'Equipe dans ses colonnes, pour accepter le principe de ce contrôle, le juge doit, selon le code du sport, évaluer qu'il existe des « soupçons graves et concordants » que le coureur ciblé a enfreint les règles antidopage ou qu'il s'apprête à le faire.
De quels éléments disposent le juge pour justifier d'un tel contrôle ?
Quels sont donc ces soupçons graves et concordants autour de Tadej Pogacar et Jonas Vingegaard justifiant un tel contrôle ? Est-ce le simple fait de leur domination absolue sur le reste du peloton ? Cela semblerait tout de même un peu léger sans autre élément à disposition. Seule certitude en l'état, aucune réponse n'a été apportée sur le sujet et la question reste donc totalement ouverte.