En finale de la Coupe du Monde 2006, Zinédine Zidane a asséné un violent coup de boule à Marco Materazzi dans ce qui reste encore aujourd’hui l’un des moments les plus iconiques de l’histoire du football. Sociologue ayant écrit un livre détaillé sur l’ancienne gloire de l’équipe de France, Stéphane Beaud a tenté d’analyser au mieux ce qui a pu se passer dans la tête du numéro dix français au moment de commettre l’irréparable.

Il y a un peu plus de vingt ans, Zinédine Zidane commettait l’un des gestes les plus marquants de l’histoire du football. En finale de la Coupe du Monde 2006, le numéro dix et capitaine de l’équipe de France a d’abord ouvert le score face à l’Italie d’une magnifique panenka, avant de totalement craquer lors des prolongations. Après s’être fait insulter par le défenseur Marco Materazzi, Zidane a alors asséné un violent coup de tête à ce dernier. Rapidement, le meneur de jeu des Bleus a été expulsé et la France s’inclinera finalement aux tirs aux buts. Des années, plus tard ce mythique « coup de boule » est toujours autant analysé.
« Un coup de tête, c'est un geste violent qu'on a appris »
Ayant attribué un ouvrage complet d’analyse sur Zinédine Zidane, le sociologue Stéphane Beaud a notamment écrit un passage très intéressant sur ce fameux coup de tête. Selon ce dernier, ce geste pourrait s’expliquer par l’enfance vécue par l’ancien joueur au sein du quartier de la Castellane à Marseille. Pour le principal intéressé, cette théorie est sensible, mais n’est pas dénuée de sens. « J'avance prudemment sur ce sujet, parce que, bien sûr, il faudrait aller creuser. Un coup de tête, c'est un geste violent qu'on a appris. Il renvoie sans doute à tout ce qu'il a vécu dans son enfance, dans son quartier de La Castellane où les relations entre les garçons ne sont pas que de pure amitié. Je fais l'hypothèse que ce geste n'est pas inné chez lui mais que la provocation a sûrement réactivé quelque chose », a ainsi confié Stéphane Beaud dans les colonnes de l’Equipe.
« Zidane appartient à ce moment où les jeunes d'origine maghrébine arrivent sur le devant de la scène »
Le sociologue a également expliqué pourquoi il avait décidé de focaliser son travail autour de Zinédine Zidane. « Je suis très attaché à la notion de génération sociale. Zidane appartient à ce moment où les jeunes d'origine maghrébine arrivent sur le devant de la scène, démographiquement et politiquement, avec "la marche des Beurs" de 1983. Lui c'est le football, il y aura Jamel Debbouze pour le stand-up, d'autres pour la musique. Voilà ce qu'on a appelé la "génération beur". Elle m'a semblé toujours intéressante d'un point de vue sociologique, parce que c'était un mouvement social qui était porteur de beaucoup de potentialités d'émancipation et qui a dû se battre politiquement pour exister », a-t-il confié.
Zidane « préfère mourir » que de s’excuser auprès de Materazzi
Zinédine Zidane de son côté, n’a jamais véritablement publiquement regretté son geste. En 2010, l’ancien capitaine des Bleus affirmait auprès du quotidien espagnol El Pais préférer mourir que de pardonner Marco Materazzi, qui avait tenu des propos injurieux à l’encontre de sa mère lors de cette finale. « Je demande pardon au football, aux supporteurs, à l'équipe... Après le match (perdu face aux Italiens), je suis entré dans le vestiaire et je leur ai dit : Pardonnez-moi. Cela ne change rien mais je vous demande pardon. Mais à lui (Materazzi), je ne peux pas. Jamais, jamais... Ce serait me déshonorer... Je préfère mourir », confiait Zidane.