Didier Deschamps aura eu un mandat de 14 années à la tête de l'équipe de France. Faisant de lui le sélectionneur avec la plus grande longévité chez les Bleus. Son successeur en la personne de Zinedine Zidane aura fort à faire puisque DD a été le coach derrière la deuxième étoile de la sélection tricolore en 2018. Zidane reprend le flambeau, mais n'aurait jamais dû être là si l'arbitre de France-Italie à la Coupe du monde 2006 avait respecté les règles en vigueur en n'ayant pas recours à la vidéo pour lui adresser le carton rouge selon Frédéric Hermel qui dénonce une injustice.

Tous les amoureux de l'équipe de France se rappelent de cette triste soirée du 9 juillet 2006 dans l'Olympiastadion de Berlin. En ce jour de finale de Coupe du monde, la dernière danse de Zinedine Zidane qui allait prendre sa retraite au coup de sifflet final quelque soit le verdict de la rencontre, les supporters des Bleus ont rapidement atteint le septième ciel lorsque le numéro 10 français de l'époque transformait le penalty obtenu par Florent Malouda dès la septième minute de jeu d'une panenka face à Gianluigi Buffon, gardien légendaire de la Squadra Azzurra comme raconté par Frédéric Hermel dans la biographie du champion du monde intitulée : Zidane, parue en 2019. « Face à Gianluigi Buffon, le meilleur gardien du monde, Zidane exécute une panenka, une délicate caresse au ballon qui surprend l'adversaire aux gants de cuir et touche l'intérieur de la barre transversale avant de retomber derrière la ligne de but. Il a pris un énorme risque. Le péril, la gloire, Rodrigue, Corneille, tout ça... ».
«De guerre lasse pour le Français qui voit l'arbitre argentin sortir de sa poche arrière le ticket pour l'enfer»
Mais cette entrée en matière parfaite de la part des hommes de Raymond Domenech n'allait pas durer. Quelques minutes plus tard, Marco Materrazzi égalisait pour les Italiens sur le corner tiré par Andrea Pirlo d'une tête qui trompait Fabien Barthez après avoir pris le dessus sur Patrick Vieira. Pendant les prolongations, Zinedine Zidane avait la possibilité d'offrir l'avantage voire la victoire à l'équipe de France, mais Gianluigi Buffon s'était cette fois-ci interposé.
« Un petit supplément de bonheur que le Marseillais se charge d'abréger violemment à six cents secondes du terme officiel. Juste avant, sa tête lui sert à reprendre sublimement un centre de Willy Sagnol, le ballon se dirige à grande vitesse vers les filets italiens mais Buffon, le portier du paradis, tend sa main en direction des nuages et détourne l'astéroïde ». Et là, tout bascula pour le pire. « La boule à zéro de Zidane prend ensuite une tout autre fonction, elle change de sport en cours de jeu et frappe puissamment la poitrine de Marco Materazzi. Le défenseur, qui avait insulté la mère et la soeur du capitaine des Bleus, s'écroule et exagère. Le coup est réel mais c'est quand même un peu Cinecitta au stade olympique de Berlin. De bonne guerre pour l'Italien. De guerre lasse pour le Français qui voit l'arbitre argentin sortir de sa poche arrière le ticket pour l'enfer, un morceau de papier rouge ».
«Au mépris des règles qui interdisaient tout recours aux images vidéo, Luis Medina Cantalejo balance toute l'histoire dans l'oreillette de son collègue, l'incite à la sanction et condamne le meneur de jeu des Bleus»
Horacio Elizondo brandissait le carton rouge devant Zinedine Zidane sans avoir eu la possibilité de voir l'action en direct. Selon le règlement de la FIFA de l'époque et les règles arbitrales, Zidane n'aurait jamais dû être sanctionné au vu des faits.
« Il n'a pourtant rien vu du coup de boule qui s'est déroulé dans son dos et le Marseillais de Madrid aurait dû s'en sortir, injustement certes, mais s'en sortir vraiment. C'était sans compter sur un mouchard, le quatrième arbitre planqué au bord du terrain, télespectateur de la scène sur un écran de contrôle. Au mépris des règles alors en vigueur, et qui interdisaient tout recours aux images vidéo pour les décisions de justice footballistique, Luis Medina Cantalejo, espagnol au nom parfumé d'alandaluz, balance toute l'histoire dans l'oreillette de son collègue, l'incite à la sanction et condamne le meneur de jeu des Bleus vêtus de blanc », a assuré le journaliste Frédéric Hermel, proche de Zinedine Zidane, qu'il avait notamment suivi pendant ses cinq saisons au Real Madrid entre 2001 et 2006 avant d'en faire autant lors de sa reconversion en tant qu'entraîneur.
«S’il n’y avait pas eu le coup de boule en finale de la Coupe du monde 2006 face à l’Italie, je pense qu’il n’y aurait pas eu de Zidane sélectionneur»
Une carrière qui n'aurait jamais dû être celle de Zinedine Zidane. Et encore moins comme sélectionneur de l'équipe de France. Néanmoins, le fait que Zizou soit sorti par la petite porte en finale de Coupe du monde 2006 avec les Bleus a changé le prisme de sa réflexion concernant la suite de sa vie après avoir raccroché les crampons. En parallèle de la nomination de Zidane comme successeur de Didier Deschamps le 28 juillet dernier, Frédéric Hermel affirmait au Figaro pour la promotion de son livre : C'est ça la foi, que Zinedine Zidane avait fait machine arrière en raison de sa dernière au goût amer avec l'équipe de France. « Il y a une théorie que je propose dans la biographie que j’ai consacré à Zidane qui est : s’il n’y avait pas eu le coup de boule en finale de la Coupe du monde 2006 face à l’Italie, s’il n’avait pas raté sa sortie en Bleus, je pense qu’il n’y aurait pas eu de Zidane sélectionneur. Je pense même qu’il n’y aurait jamais eu de Zidane entraîneur’. C’est parce que son histoire avec la France, avec le football, s’est mal terminée qu’il fallait qu’il écrive un nouveau chapitre, une autre histoire. D’ailleurs, quelques mois avant sa retraite, on est en novembre 2005. Je le vois après un entraînement au Real Madrid et lui dis : ‘tu n’aurais pas envie d’être entraîneur un jour ?’. Il me dit ‘ça va pas non, jamais de la vie, tu rigoles’ ».
«Ça ne s’est pas bien terminé en 2006, il faut pour lui que ça se termine bien en 2030»
« La prochaine Coupe du monde est en 2030, la finale aura lieu au Santiago Bernabeu de Madrid, à peu près à 2 KM de sa maison à Madrid. Si le destin le veut, l’histoire sera différente de 2006. C’est quelqu’un qui a conscience d’avoir un destin. Son destin avec le foot devait bien se terminer. Ça ne s’est pas bien terminé en 2006, il faut pour lui que ça se termine bien en 2030 », a conclu Frédéric Hermel ces dernières semaines pour Le Figaro. Reste à savoir si, après avoir signé un triplé de victoires avec le Real Madrid en Ligue des champions entre 2016 et 2018, Zidane connaîtra un succès similaire avec les Bleus à l'Euro 2028 et à la Coupe du monde 2030.