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«Tous les soirs, quand j'étais seul dans ma chambre, je pleurais» : Zinédine Zidane a levé le voile sur cette période difficile de sa vie
Bernard Colas -
Journaliste
Passionné de sport, de cinéma et de télévision (à l’écran comme derrière) depuis son enfance, Bernard est journaliste pour le 10 Sport depuis 2018. Plus habile clavier en main que ballon au pied, il décide de couvrir principalement un sport adulé, critiqué et détesté à la fois (le football) et un sport qui n’en est pas un (le catch).

Légende du Real Madrid et de l’équipe de France, Zinédine Zidane a fait ses classes à l’AS Cannes, qu’il a rejoint dès ses 14 ans. Un changement brutal pour l’ancien meneur de jeu, souffrant de la séparation d’avec ses parents.

Vainqueur de la Coupe du monde en 1998 et de l’Euro deux ans plus tard, Zinédine Zidane a marqué les esprits en France. Avant de devenir une star à l’étranger, du côté de la Juventus puis du Real Madrid, le natif de la Castellane a fait ses classes aux Girondins de Bordeaux et à l’AS Cannes, son club formateur. Le début d’un déracinement difficile à appréhender comme l’avait raconté Zizou en 2022, dans un entretien accordé à L’Équipe.

« Le déracinement, pour moi, c’est mon départ de la maison pour Cannes »

« J’ai l’impression d’être parti depuis mes 14 ans. Le déracinement, pour moi, c’est mon départ de la maison pour Cannes. Ça fait plus de trente-cinq ans que je suis dehors. Mon départ à Cannes, c’était l’étranger. Ça forge, ça forme, tu grandis vite. Tout va à 2000 à l’heure à partir de là », racontait l’ancien numéro 10. « Mes parents ne voulaient pas me laisser partir comme ça, livré à moi-même et déjà au centre de formation, avait-il ajouté. Ils avaient peur des mauvaises fréquentations. Je suis allé dans une famille d’accueil. C’était la condition essentielle de mes parents pour que je parte. J’étais logé chez Madame et Monsieur Elineau. Je suis resté un an et demi chez eux. Monsieur Jean Varraud m’avait recruté. Il était venu me voir à Saint-Raphaël, où je jouais avec mon équipe de Septèmes. Quand il m’a supervisé, je ne jouais pas au milieu. Il manquait un défenseur central et j’avais joué dans l’axe. Il m’a pris pour un seul truc… Parce que j’avais tenté un petit pont dans ma surface. Je suis parti à l’essai une semaine à Cannes grâce à ce geste. Il me l’a dit après. »

« Ils ne le savaient pas, mais le soir, avant de me coucher, je pleurais »

Sur la Côte d'Azur, Zinédine Zidane se trouve une famille d’adoption. « Monsieur Varraud a été comme un père pour moi à Cannes. Il était fantastique ! Tout le temps à me parler, à me dire que je réussirais si j’étais sérieux, si je bossais. Il ne me lâchait jamais. Un dingue de foot, se souvenait-il. C’est lui qui a forcé Jean Fernandez, alors entraîneur des pros, à venir me voir chez les jeunes, à force de lui casser les pieds. Il y a des personnes qui sont des génies et qui marquent votre existence. » Malgré cet entourage rassurant, le nouveau sélectionneur des Bleus a souffert de la séparation d’avec ses proches comme il le racontait dès 2015 dans L’Équipe : « c'était très tôt pour moi. Je vais vous avouer quelque chose : pendant un an, tous les soirs, quand j'étais seul dans ma chambre, je pleurais. J'étais dans une famille d'accueil adorable, chez monsieur et madame Elineau, qui faisaient le maximum pour moi. Ils ne le savaient pas, mais le soir, avant de me coucher, je pleurais. Tous les soirs. Ma famille me manquait trop, mes frères, ma sœur… »

« Avec ce départ à Cannes, à partir de là, je me suis dit que j’allais bosser pour mes parents »

Déterminé à réussir pour rendre fiers ses parents, le champion du monde 1998 a alors redoublé d’efforts pour s’imposer à Cannes. « Ils n’étaient pas trop contents que je n’aie pas poussé les études. Moi, j’étais centré sur le foot. Avec ce départ à Cannes, à partir de là, je me suis dit que j’allais bosser pour mes parents. Je voulais qu’ils soient fiers de moi, confessait-il en 2022. J’ai tout mis dans le foot. Je faisais du mur, du mur et du mur… J’ai tapé des heures avec mon pied gauche : tac, tac, tac, tac ! J’allais regarder les professionnels s’entraîner dès que je pouvais pour voir, prendre des trucs. Après leur séance, je prenais un ballon tout seul et j’allais m’entraîner de nouveau. Il fallait que je joue. À 15 ans, je savais ce que je voulais : réussir dans le foot, réussir pour mes parents. Il y a eu aussi Alain Pedretti, le président de Cannes… Il m’a offert ma première voiture après mon premier but (il rit). Vous n’imaginez pas ce que cela représentait pour moi ! J’étais comme un fou… »

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