Zinedine Zidane a entamé son mandat de sélectionneur de l'équipe de France, courant jusqu'en 2030, par une victoire en Turquie vendredi soir (1-0). La légende du football français a travaillé pendant plus de 10 ans pour en arriver là où il en est aujourd'hui : à la tête des Bleus. L'apprentissage du métier d'entraîneur est notamment passé par le Real Madrid et surtout par un crève-cœur qui a eu le mérite de marquer Zidane...

Un rêve devenu réalité. Voici la manière dont Zinedine Zidane qualifiait son intronisation au poste de sélectionneur de l'équipe de France le 28 juillet 2026 au siège de la Fédération française de football. Assis aux côtés de Philippe Diallo lors de sa conférence de presse de présentation face aux journalistes, l'ancien numéro 10 des Bleus expliquait avoir refusé bien des opportunités de club au cours de ses cinq années sabbatiques dans l'optique d'être disponible lorsque l'appel de la FFF pour prendre les rênes de l'équipe de France arriverait.
«Il est abattu comme jamais je ne l'avais vu»
20 ans après sa dernière apparition sous le maillot bleu lors de la Coupe du monde 2026, Zinedine Zidane a retrouvé l'équipe de France dans un rôle de sélectionneur vendredi soir en territoire turc dans le cadre d'une rencontre de Ligue des nations. La boucle est bouclée pour Zizou qui est passé par le stade d'adjoint de Carlo Ancelotti au Real Madrid jusqu'à un statut d'entraîneur principal en passant par la case de la Castilla, soit la réserve du club merengue. Entre 2016 et 2018, Zinedine Zidane signait un premier passage sur le banc madrilène couronné de succès avec trois victoires de suite en Ligue des champions. Néanmoins, un échec à l'hiver 2018 annonçait une séparation inévitable dans l'esprit du Ballon d'or 98 quelques mois plus tard.
« Une union jusqu'ici parfait qui connaît son point critique le 24 janvier 2018 à l'occasion d'une banale rencontre de Coupe du roi. Vainqueurs à l'aller, les Merengue s'effondrent en quart de finale retour chez eux à Santiago Bernabeu face à Leganés, sympathique mais farouche petit club de la banlieue de Madrid. Honteuse élimination, derrières rougis par la fessée, sifflets dans les gradins, dépit général, impuissance collective, colère individuelle. Zidane a le regard noir, les traits de son visage se sont durcis en seulement quelques minutes. Il est abattu comme jamais je ne l'avais vu après une partie de ballon dirigée depuis le banc », écrivait Frédéric Hermel dans sa biographie Zidane parue en novembre 2019.
«Il a déjà connu des revers, mais celui-là le blesse cruellement»
L'ancien correspondant de L'Equipe et de RMC Sport à Madrid suit Zinedine Zidane depuis son transfert à la Casa Blanca à l'été 2001. Devenu un membre du cercle proche du nouveau sélectionneur de l'équipe de France, Frédéric Hermel expliquait que cette élimination en Coupe du Roi face à Leganés avait profondément marqué la légende du football français. « Il a déjà connu des revers, mais celui-là le blesse cruellement. Il ne cherche pas d'excuse, ni à ses joueurs ni à lui-même. Face aux caméras et aux micros, il prend la mesure de l'échec. Il parle lentement, très lentement. Comme pour donner encore plus de valeur aux mots qu'il prononce et dont je ne mesure pas encore la portée dramatique, ni leurs conséquences à court terme ». Au point de tout plaquer.
«C'est une violente gifle que nous venons tous de recevoir et je suis très énervé»
« C'est la pire soirée de ma carrière d'entraîneur. Nous n'avons pas le droit de jouer de la sorte. Je vais assumer ma responsabilité. C'est une violente gifle que nous venons tous de recevoir et je suis très énervé », confiait Zinedine Zidane à la presse à l'époque. Certes, le Real Madrid signait un troisième succès de rang en finale de Ligue des champions au mois de mai de cette même année. Mais ce ne fut clairement pas suffisant pour retenir le Ballon d'or 98 qui décidait de rendre son tablier dans la foulée du sacre en C1. La « pire soirée » a débouché sur son premier départ du Real Madrid comme entraîneur...