Avec sa décision de placer Paul Seixas en position de leader unique pour l'épreuve en ligne des championnats du monde, puis avec sa sélection de coureurs pour composer l'équipe autour de lui, il est possible de dessiner à grands traits la stratégie que Thomas Voeckler va probablement utiliser pour ramener le maillot arc-en-ciel. Et cette stratégie semble se confirmer jour après jour...

Depuis l'annonce de sa sélection pour l'épreuve en ligne des championnats du monde, le10sport.com analyse que Thomas Voeckler est parti sur une stratégie précise pour maximiser les chances de son leader unique, Paul Seixas, de décrocher le maillot arc-en-ciel. En ne retenant aucun coureur capable d'endosser un vrai leadership de rechange, en misant plutôt sur des éléments de niveau mondial capables d'accompagner au plus loin leur leader dans les moments clés de la course, le sélectionneur a clairement fait ses choix.
L'idée de Voeckler ? Limiter l'incertitude tactique au bénéfice de la force pure
En partant du principe qu'il dispose avec Paul Seixas d'un des coureurs les plus forts de la course, comme l'a d'ailleurs confirmé le Grand Prix de Montréal disputé il y a dix jours, Voeckler a visiblement opté pour un plan visant à éliminer l'incertitude tactique au bénéfice de la force pure. En clair, l'idée paraît bien d'utiliser les équipiers de Seixas pour durcir au maximum la course dans le dernier quart de l'épreuve, afin de placer le prodige tricolore dans les meilleures conditions dans le final avant qu'il ne place sa grande attaque.
« Ce sera un puncheur, c'est sûr, mais le reste dépendra du tempo, s'il est agressif, si c'est tactique... »
Non seulement cette option permet d'éliminer un grand nombre de coureurs qui auraient pu tenter un coup de Trafalgar dans le final, mais elle présente aussi l'avantage d'entamer les réserves de ceux parmi les grands favoris qui sont moins à l'aise en bosse, à savoir Remco Evenepoel et Mathieu Van der Poel. On parierait volontiers sur le fait que Voeckler aimerait revoir le scénario du Grand Prix de Montréal, où Seixas s'est isolé dans la dernière ascension, étant seulement revu par Del Toro dans la descente. Cette fois, l'idée serait que le champion tricolore soit en mesure d'en remettre une couche après le sommet pour que le Mexicain ne rentre pas sur lui, ou a minima de faire un sprint à armes égales avec lui à l'arrivée, sans erreur d'inattention cette fois.
« Pour que ça me corresponde mieux, forcément qu'il faut durcir la course »
A l'occasion d'un entretien à l'Equipe, Paul Seixas a entre les lignes confirmé que l'idée pourrait bien être celle-là : « Il y a une différence entre le Grand Prix de Montréal et la course des Mondiaux avec cette fois une longue partie en ligne avant d'entrer dans le circuit. Il y a un peu moins de tours de circuit (12 contre 16). Pour définir exactement le type de coureurs qui peuvent s'imposer sur ce type de parcours, il faut voir comment la course se déroule. C'est un parcours assez ouvert. En fonction des scénarios, on peut se rapprocher d'un parcours puncheurs-grimpeurs ou bien puncheurs-sprinteurs. Ça se jouera entre les deux. Ce sera un puncheur, c'est sûr, mais le reste dépendra du tempo, s'il est agressif, si c'est tactique. Pour que ça me corresponde mieux, forcément qu'il faut durcir la course. On verra comment on va le faire, on n'a pas encore eu le briefing. Thomas Voeckler a toujours des idées derrière la tête, j'attends de voir ce qu'il va nous dire ».