En bâtissant une stratégie axée à 100% autour de Paul Seixas pour la course en ligne des championnats du monde, Thomas Voeckler a intégré la nécessité de souder le collectif autour du jeune prodige de Décathlon CMA CGM. Et le travail effectué par le sélectionneur de l'équipe de France a visiblement porté ses fruits. Il suffit pour s'en persuader d'écouter les prises de parole du groupe à quelques jours du grand rendez-vous.

Depuis l'annonce de sa sélection pour l'épreuve en ligne des championnats du monde, qui se tiendra ce dimanche à Montréal, Thomas Voeckler a mis en application ce qu'il avait annoncé quelques semaines auparavant, à savoir que sa stratégie serait axée autour d'un leader unique, Paul Seixas, dans l'espoir de décrocher le titre. En effet, plutôt que de sélectionner des coureurs qui auraient eu le profil pour adapter un plan B et endosser un leadership de rechange, comme Romain Grégoire ou Benoit Cosnefroy, Voeckler a préféré axer son groupe sur des solides coursiers de niveau mondial, probablement un peu juste pour jouer la victoire à la pédale, mais capables d'accompagner un leader au plus loin lorsque la course va se jouer.
La stratégie de Voeckler nécessite un groupe soudé derrière Seixas
On peut d'ailleurs légitimement supposer que le sélectionneur utilisera de nombreuses cartes de son équipe pour mener un train d'enfer dans le dernier quart de la course afin d'effectuer une terrible sélection parmi les prétendants de second rang et d'entamer les ressources des moins bons grimpeurs parmi les grands favoris, à savoir Remco Evenepoel et Mathieu Van der Poel.
« Je pense que ça fait peur aux autres équipes »
Mais pour que cette stratégie fonctionne à plein, il fallait que le sélectionneur parvienne à créer une vraie osmose dans le groupe, à tisser un lien qui permettra à chacun de se dépasser au nom de l'oeuvre collective. C'est probablement à cet effet qu'il a réuni les coureurs entre eux dans un lieu de vie collective durant une semaine, dans la campagne québécoise. Et son plan a visiblement fonctionné.
« Après avoir passé autant de jours ensemble ici, on va être capables de se tuer pour Paul dimanche »
Pour s'en persuader, il suffit d'écouter les mots prononcés par les équipiers de Seixas dans les colonnes du quotidien l'Equipe ce jeudi. A l'image de Bruno Armirail, le capitaine de route : « Le soir, on mangeait tous ensemble dans un seul appartement. Ce fonctionnement nous a permis d'occuper le temps libre, on passe vite une demi-heure, voire une heure et demi à table, on restait tous ensemble après le dîner ». Ou de Valentin Paret-Peintre : « Je pense que ça fait peur aux autres équipes, qui vont voir que la France est là depuis deux semaines et qu'on est une belle bande de copains prêts à bosser pour un leader ». Ou encore d'Alex Baudin : « Après avoir passé autant de jours ensemble ici, on va être capables de se tuer pour Paul sans arrière-pensée dimanche. On est prêts à faire quelque chose de beau tous ensemble ».