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Vips - Médias - Dusautoir / Lartot : la rencontre

Dusautoir-Lartot

Dans le foot, joueurs et journalistes ont parfois du mal à cohabiter. Qu’en est-il dans le milieu de l’Ovalie ? Matthieu Lartot, commentateur pour France Télévisions, et Thierry Dusautoir, capitaine du XV de France, se livrent avant France - Afrique du Sud (samedi, 21h sur France 2).

Vous êtes tous les deux connus pour votre franc-parler. Vous confirmez ?
Thierry Dusautoir
 : Moi, je confirme le franc-parler de Mathieu, ça c’est sûr ! (sourire) J’en ai été victime deux ou trois fois d’ailleurs… 

Matthieu Lartot : Ce n’est pas vrai !

T.D : Si si ! D’ailleurs, ce n’était pas forcément mérité. Après le Irlande - France l’année dernière, sur le plateau de Stade 2, il ne m’a pas loupé !

M.L : Ah oui, c’est vrai…

T.D : Mais ça fait partie du jeu. Et ça donne d’autant plus de valeur aux éloges quand il y en a.

M.L : Et il y en a ! C’est juste que parfois on a besoin de dire les choses. En plus Thierry est intelligent. Il sait que ce n’est pas Mathieu Lartot qui critique le XV de France. Je suis là pour dégager le sentiment général.

À quand remonte votre première rencontre ?
M.L
: On était jeunes et insouciants (sourire). T’étais pas tout à fait le même d’ailleurs.

T.D : C’est vrai, j’avais moins de cicatrices ! (Rires)

M.L : On s’est connus quand Thierry a commencé à émerger aux yeux du grand public avec Biarritz (2005). Il était régulièrement appelé en équipe de France mais il n’était pas souvent dans l’équipe, notamment à cause de blessures. Puis c’était une période où on le voyait un petit plus dans les soirées d’après-match… Mais maintenant il est très sérieux, il est capitaine ! (Sourire) 

T.D : Le problème c’est qu’avec l’âge je suis obligé de ménager ma monture. Mathieu, lui, en revanche, il a gardé le même rythme ! Il est resté fidèle à lui-même. Toujours aussi performant en troisième mi-temps. (Rires)

C’est important de créer ce lien entre journalistes et joueurs en dehors du cadre professionnel ?
M.L
: Évidemment, c’est très important. Quand on vient à Marcoussis (Centre National du Rugby) on les entraperçoit, pendant les matchs c’est un peu pareil, ils sont dans un cocon. Ça nous permet d’avoir une autre approche. Malheureusement, ça se perd un peu parce qu’ils ont de plus en plus de contraintes. C’est pour ça que c’est important de les voir au début de leur carrière, pour essayer de tisser un lien qu’on essaie de faire perdurer. 

T.D : Ce lien se crée souvent plus en club qu’en équipe nationale. En général, on se retrouve le soir en ville autour d’un verre. D’ailleurs, on parle rarement du match qui vient de se jouer. On fait tomber le costume et on parle de choses plus personnelles.

Patrice Evra avait dit qu’il arrêterait sa carrière si Pierre Ménès faisait 8 jongles. Quel défi pourriez-vous lancer à Mathieu Lartot et qui vous ferait stopper votre carrière ?

T.D : Mais je n’ai pas envie d’arrêter ma carrière ! (Rires) 

M.L : Moi non plus, je ne veux pas qu’il arrête !

T.D : Mais si j’avais un petit défi à lui lancer, je lui demanderais de taper quelques drops à différents endroits du terrain. Chose que je suis incapable de faire, j’aime autant le dire. À part tuer des taupes, je ne pense pas faire grand chose. Je pense que sur une bande-annonce France Télé ça pourrait être intéressant… (sourire)

M.L : On peut essayer… mais je ne garantis pas le résultat !

Au-delà de la boutade, vous comprenez qu’un règlement de comptes entre joueur et journalistes ou consultants puisse prendre de telles proportions ?
M.L
: Parfois on est très critique avec l’équipe de France. On a une liberté de ton et ça les blesse de temps en temps. Mais ça fait partie du jeu et on a néanmoins un profond respect pour ce qu’ils font. C’est pour ça que selon moi on n’arrivera jamais à une situation comme celle du clash d’Evra. 

T.D : Déjà, il n’y a pas la même pression. En plus, quand nous on critique un autre sportif, un footballeur par exemple, et qu’on dit : « Il est nul ! », c’est la performance qu’on cible, pas la personne. Quand cette critique se retourne contre nous, il faut qu’on essaie de comprendre que c’est notre performance qui est attaquée… pas forcément l’individu. Et ce n’est pas toujours évident. Il faut réussir à prendre une certaine distance. 

Retrouvez l’intégralité de cette interview dans Le 10 Sport, actuellement en kiosques

Sacha Nokovitch