Accès direct au contenu

Médias

Médias - Gilbert Brisbois (RMC) : «Dans l’After, il n’y a jamais de jeu de rôle. Jamais»

Incontournable programme de RMC, l’After fête ses 15 ans le 29 avril prochain avec une émission et des invités exceptionnels (21h-Minuit, sur RMC, Twitch et RMC Story). Une longévité qui illustre parfaitement l’ampleur de son succès. L’occasion pour l’historique taulier de l’émission du soir, Gilbert Brisbois, de décortiquer les secrets de cette réussite.

Alors Gilbert, ça fait quoi d’avoir 15 ans ?
Ça peut paraître jeune dans la vie « normale », mais dans les médias, les années se comptent un peu comme dans la vie des chats. 15 ans d’ancienneté, c’est long ! Et c’est une véritable fierté d’en être arrivé là. Nous sommes l’une des plus anciennes émissions de RMC, en ayant surtout réussi à s’installer dans le paysage médiatique et sportif. On verra jusqu’où l’After ira mais c’est vrai qu’on est fier du parcours accompli. C’est beau.
 
Tu as tout connu chez RMC, tous les succès. Est-ce que l’After n’est pas le plus gros ?
Ce serait présomptueux de dire cela. Parce que sur RMC, il y a quand même eu des gros succès avec l’arrivée des premières émissions incarnées par une personnalité à l’antenne, « Luis Attaque » avec Luis Fernandez, le « Moscato Show », avec Vincent, Team Duga ensuite. Et il faut aussi prendre en compte les autres réussites du groupe, en dehors du sport… C’est un succès et il faut garder en tête que ce n’était pas évident au départ. Nous partions de loin car à l’époque, l’opinion n’avait pas la place qu’elle a aujourd’hui dans les programmes. On a pris pas mal de choses dans la tronche, au début (rire). On a même reçu des coups de fils de dirigeants de club, d’entraîneurs, qui nous disaient « Mais vous êtes fou, vous allez nous mettre le feu dans le stade là ! ». Je crois surtout qu’on a grandement participé au fait de ne plus prendre les supporters pour des « gogos ». Ils connaissent le jeu et les enjeux du football. En leur donnant la parole, le moyen de s’exprimer, je pense qu’on a pu contribuer à changer le regard sur ça.
 
Tout ça, avant l’arrivée des réseaux sociaux, plateforme incontournable aujourd’hui qui permet de donner la parole et mettre en avant l’opinion de n’importe qui. L’After a su s’imposer avec ces ingrédients, bien avant Facebook, Twitter, etc…
C’est vrai. Même si ça se faisait déjà en Italie, en Espagne ou au Portugal, dans différentes émissions. L’After a reproduit ça en France mais en mettant le curseur un peu plus loin puisque nous avons été les premiers à être quotidien. On est venu occuper un terrain qui ne l’était pas. Avant, quand un match se finissait, soit tu allais au dodo, soit tu en discutais avec tes amis mais ça s’arrêtait là. On a été précurseur au moment de s’installer dans une case qui n’existait pas, et qui permettait aux gens de pouvoir échanger, de pouvoir débattre et confronter des opinions.

« La seule chose qui pourrait me faire arrêter, c’est si on me dit que ce que je fais est devenu pourri et que les audiences ne sont plus au rendez-vous »

Les secrets de l’After pour réussir à exister, c’est le talk, c’est le ton. Mais le secret pour durer, c’est quoi ?
Il y a deux piliers incontournables dans l’After, deux éléments constitutifs. Tout d’abord, l’opinion. Ensuite, l’expertise. Quand les intervenants sont capables d’avoir une opinion construite, et qu’en plus ils ont l’expertise pour pouvoir la défendre, on devient imprenable. Avec des personnalités fortes et légitimes, tu fais sens. Et Daniel Riolo, comme Jérôme Rothen, correspondent parfaitement à ces piliers.
 
Travailler avec Daniel, qui dispose d’une personnalité forte et se trouve être assez clivant, au quotidien. C’est facile ou ça s’apprend ?
Ça ne pose aucun souci. Daniel a son caractère, j’ai le mien aussi. Ce n’est absolument pas quelqu’un de difficile à vivre, bien au contraire. Daniel a été, et est, crucial dans le développement de l’After. C’est le taulier n°1 et je suis vraiment ravi de bosser avec lui. Il est clivant, oui, mais c’est aussi ce qu’on veut, confronter nos opinions et nos idées. Avec Daniel, on réfléchit toujours à se dire : est-ce que l’auditeur y trouve son compte ? En étant nous-même, en proposant nos personnalités, nos idées et notre expertise, les audiences nous ont montré depuis 15 ans que nous étions dans le vrai.
 
Le meilleur souvenir de ces 15 ans, s’il ne doit en rester qu’un seul ?
C’est toujours très difficile, pour ne pas dire impossible, de répondre à cette question. En 15 ans, il s’est passé tellement, tellement de choses… Aller, je vais prendre un souvenir marquant, le soir de France – Ukraine, quand la France gagne 3-0 et se qualifie pour la Coupe du Monde 2014. On était presque certains de ne pas y aller à ce Mondial donc quand on les voit parvenir à se qualifier, c’était fort…
 
Quand un nouveau consultant ou intervenant dans l’After débarque, est-ce que tu laisses le naturel faire son travail ou tu tentes de guider ou orienter des traits de personnalité pour faire émerger un profil ?
Dans l’After, il n’y a jamais eu de jeu de rôle, jamais. Je n’ai par exemple jamais dit « Tiens, toi tu fais le méchant, toi tu joues le gentil, toi t’es le Parisien. Tout simplement parce que ça n’est pas naturel et que les auditeurs le sentiront immédiatement. Hors de question de disqualifier en n’étant pas soi-même.
 
Qu’est-ce qui pourrait te faire arrêter l’After ? Un poste de président du Racing Club de Strasbourg ?
La seule chose qui pourrait me faire arrêter, c’est si on me dit que ce que je fais est devenu pourri et que les audiences ne sont plus au rendez-vous. Tant qu’on ne me dit pas ça, je reste accrocher et je continue. C’est tellement une chance que de vivre cette aventure, je n’ai aucune raison d’arrêter. Vraiment, aucune.
 
Karim Nedjari, nouveau directeur général de la radio, aimerait installer une nouvelle personnalité sur le créneau de Luis puis Duga. T’as des idées ?
Honnêtement, c’est très très dur… Par expérience, c’est vraiment compliqué. Parfois, on se dit que ce consultant va être excellent et au bout de deux émissions, on voit que ça ne le fait pas. A l’inverse, une personnalité plus en retrait peut parvenir à s’installer, avec le temps, car elle est capable de construire un discours, de faire parler son expertise et d’apporter un plus. On ne peut jamais savoir à l’avance et ça ne se fait jamais en un jour. Même quand on pense tenir une super personnalité, c’est confronté à la réalité et à l’antenne qu’on voit vraiment si ça fonctionne.