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Médias

Jean-Jacques Bourdin : «Les footballeurs ne sont pas formés pour parler aux médias»

Aux commandes de l’émission phare du matin sur RMC, « Bourdin Direct », Jean-Jacques Bourdin sera aux commentaires du prochain match de l’équipe de France contre la Colombie, ce vendredi (21h). Une présence inédite qui lui permet de renouer avec ses premières amours et sa passion pour le football.

Qui a eu cette idée de vous mettre aux commentaires d’un match de l’équipe de France ?
C’est moi (sourire) ! J’avais cette envie de revivre ce que j’ai connu aux débuts de ma carrière et de me faire plaisir. Alors je me l’accorde et j’en suis ravi. Je vais pouvoir refaire de la radio exclusivement, sans télévision, retrouver ces petites choses si particulières. C’est vraiment un plaisir.

Votre spécialité, c’est l’interview. C’est l’exercice préféré des politiques mais pas toujours celui des footballeurs. Vous avez une explication ?
La première, c’est que les footballeurs sont beaucoup plus jeunes que les politiques. Et puis, ils n’ont bien souvent pas été formés pour parler aux médias. En tout cas pas suffisamment pour être à l’aise et maîtriser l’exercice. La matière n’est pas la même, on ne parle pas des sujets de société comme on aborde un match de foot. Il y a tellement d’enjeux économiques autour des footballeurs qu’ils en deviennent très prudents à chaque prise de parole. Je les invite à être franc, direct et à dire ce qu’ils pensent. Généralement, ça leur réussit. Mais leur jeunesse reste l’explication principale. Ce n’est pas simple, à leur âge, de s’exprimer avec aisance et pertinence.

Il y a un sportif que vous aimeriez recevoir dans Bourdin Direct ?
Ah, j’aimerai bien recevoir Zinedine Zidane. Je suis persuadé que derrière la façade, derrière cette timidité, il y a quelqu’un de très riche et d’extrêmement intéressant. De toute façon, on ne peut pas réussir comme il l’a fait sans être quelqu’un d’exception, ce n’est pas possible.

« La France peut être championne du monde »

Il est souvent difficile de sortir un footballeur de sa zone de confort et de parler d’autre chose que le football ?
Et ils ont tort ! Ils pensent qu’ils n’en sont pas capables et c’est totalement faux. Mais ils sont tellement phagocytés, dès leur plus jeune âge, je dirai même bâillonnés par les clubs, enfermés dans des cases. C’est triste car il y a tellement de choses intéressantes à dire, sur lesquelles débattre. Et c’est assez étrange car d’autres sportifs de haut-niveau, qui ne sont pas footballeurs, parviennent à aborder des sujets qui ne sont pas de leur domaine de compétence. Je pense notamment à Martin Fourcade, par exemple, que j’espère bientôt recevoir. Je suis certain qu’il peut parler d’un tas d’autre chose que du biathlon en étant très intéressant.

L’exercice du commentaire n’est pas le même qu’une interview. Vous avez fait des petits exercices de remise en forme ou c’est comme le vélo, une fois en selle, on retrouve les automatismes ?
Je n’ai pas encore travaillé (entretien réalisé en début de semaine). Il faut d’ailleurs que je le fasse rapidement. C’est comme pour tout, pour être bon, il faut travailler. Je ne vais pas arriver comme ça et me lancer, non. On va préparer ce match, avec Jean Resseguié et je vais de mon côté travailler également pour être prêt.

Votre regard sur cette équipe de France avant le Mondial 2018. Vous pensez qu’elle peut être championne du monde, 20 ans après 1998 ?
Je ne sais pas si elle le sera mais je pense qu’elle le peut, oui. Je la vois arriver au stade des quarts de finale, dans un premier temps. Après, il y a tellement de paramètres qu’on ne maîtrise pas qu’il est difficile, pour ne pas dire impossible, de faire un pronostic. Il y a la forme des joueurs, les blessures, les suspendus… Après les quarts de finale, ce ne sont que des matchs couperets. Mais cette équipe de France, oui, a le niveau pour être championne du monde. J’en suis convaincu.

« Nîmes joue la montée, il ne faut pas se cacher »

Votre passion pour le football, on le sait, c’est le Nîmes Olympique, club dans lequel vous êtes personnellement impliqué. Ça sent bon la Ligue 1 cette affaire-là… ?
Ça sent bon… Il ne faut pas se cacher. Quand on quatre points d’avance sur le troisième à huit journées de la fin, clairement, oui, on joue la montée. Mais il faut rester prudent car rien n’est acquis. Il faudra se battre jusqu’au bout et peut-être… Mais l’équipe est bien. Elle vit bien. Très bien, même. Il y a une réelle osmose entre les joueurs, le staff. Il n’y a pas de blessés. Collectivement, tout le monde a envie de cette montée et j’ai l’impression que tout est réuni pour que ce soit le cas. On va travailler pour et on espère qu’il y aura la récompense au bout (sourire).

A la place d’Umut Bozok, meilleur buteur de Nîmes mais surtout de Ligue 2, vous faites quoi ? Vous restez à Nîmes la saison prochaine ou vous choisissez un transfert pour gravir les échelons ?
Il est sous contrat jusqu’en 2020. On parlera avec lui le moment voulu. Je pense que cela va dépendre de la montée, ou non. Si le club est en Ligue 1, il aura tout intérêt à rester une ou deux saisons de plus. Il n’a que 21 ans ! Alors oui, je sais, la carrière d’un football ne dure pas longtemps et il n’a encore qu’une dizaine d’années à jouer au très haut-niveau. Mais une carrière, ça se gère et ça se construit. Dans le football comme dans la vie en générale, on souhaite toujours aller vite et brûler les étapes. Mais on se brûle surtout les ailes en se précipitant. Nous verrons cela quand le verdict de la montée sera tombé mais j’espère qu’il restera avec nous.