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EXCLU - Médias – Dominique Armand : «J’ai su trouver ma place au Canal Football Club»

Dominique Armand est devenu un rouage incontournable de la plus regardée des émissions de football, le « Canal Football Club ». Toujours armé d’une statistique imparable, le Toulousain s’éclate dans un rôle qu’il s’est taillé sur mesure.

Comment définiriez votre rôle au sein du Canal Football Club ?
A l’origine, j’ai un rôle de « stat’man ». Être là pour utiliser et faire parler les statistiques, pour nourrir les débats et les analyses. Avec le temps, car c’est ma huitième saison sur les 10 ans de l’émission, je suis devenu une sorte de « régulateur ». Je suis là pour préciser, recadrer, rebondir sur ce qui se dit. L’émission est un peu un « jeu de rôle » avec une mission pour chacun. Pour exister dans le rôle qui est le mien, il a fallu parfois s’imposer, parler au bon moment, appuyer quand c’était nécessaire.

C’est la principale difficulté de votre « job » au CFC : être pertinent et au bon moment ?
Exactement. C’est savoir écouter les autres, comprendre que certaines paroles sont plus fortes que d’autres, savoir être précis et concis dès qu’on prend la parole. Ce n’est pas un exercice comme les autres mais je l’aime beaucoup.

Vous êtes un peu le « N’Golo Kanté » du CFC : Dans l’ombre mais toujours propre, capable d’intervenir à n’importe quel moment, sur tous les sujets…
(Rire) Je n’ai pas cette prétention mais c’est vrai qu’avec l’âge, l’expérience et, je l’espère, le respect que les gens peuvent avoir pour mon travail, j’ai su trouver ma place dans l’émission. Un positionnement qui s’est construit avec le temps.

« Pour exister dans le rôle qui est le mien, il a fallu parfois s’imposer, parler au bon moment, appuyer quand c’était nécessaire »

Des statistiques, vous en consommez au quotidien, matin, midi et soir ?
C’est assez drôle de voir que les gens me résument à ça. Alors que les statistiques, je ne fais que les utiliser pour donner du sens à un débat, une analyse. Je ne passe pas mes journées dessus (sourire).  Il y a une vraie volonté à Canal+, portée par la direction actuelle, Thierry Cheleman et Didier Lahaye, de pousser encore plus loin l’utilisation des statistiques, et notamment nos propres stats maison. Du coup, il y a des gens qui travaillent beaucoup et très bien là-dessus en interne et j’utilise leur travail.

Vous avez le droit de récupérer les atouts de vos camarades de jeu, vous prenez quoi : la popularité et la puissance de notoriété de Pierre Menes ou l’aisance et le rôle de nouveau petit Prince du PAF de Habib Beye ?
(Rire) Un peu de tout… C’est vrai qu’ils ont tous les deux des grandes qualités. Depuis deux ans, Habib Beye est vraiment un phénomène et confirme le potentiel que l’on voyait lorsqu’il a démarré. Mais c’est bien que chacun garde ses qualités. C’est ce qui fait la force de l’émission, l’équipe est très complète. Ça nous permet d’avoir un équilibre. Et il est important pour nous de garder cela, comme d’avoir toujours le regard d’un entraîneur. Un joueur n’aura jamais la vision d’un coach et la prise de recul nécessaire pour analyser certaines situations. Avoir un Fred Antonetti sur le plateau, par exemple, c’est précieux. L’angle de vue est très important.

Est-ce qu’avant l’émission, il y a un briefing sur qui va dire quoi pour faire naître le débat, donner du rythme ?
On se parle durant toute la semaine, parce que les sujets évoluent et pour que chacun puisse prendre des informations, passer des coups de fil et avoir des éléments pour l’émission. Mais non, on ne s’arrange pas comme ça (sourire). Après, il m’arrive de soulever un point de vue qui n’est pas le mien mais je veux le porter à l’antenne car je sais qu’il existe. Sans pour autant le partager, je l’expose. Le but étant que le téléspectateur ait tout en main pour se faire son propre avis.

« L’émission avec Karim Benzema ? Aucun regret, c’est totalement assumé » 

L’émission avec Karim Benzema a été énormément regardé mais, aussi, beaucoup critiqué sur les réseaux sociaux. Certains reprochent à Canal+ d’avoir fait la publicité du Madrilène pour son retour en équipe de France. Avec le recul, quel est votre regard ?
Extrêmement content de l’avoir fait, aucun regret. C’est totalement assumé. Je pense qu’il est naturel d’être bienveillant avec quelqu’un qui vous dit « Oui, je viens dans votre émission pour parler ». Nous n’avons reçu aucune consigne de la part de Karim Benzema ni des gens autour de lui, absolument aucune. Alors oui, on aurait pu plus parler de ci, de ça, de l’affaire, etc… Mais je pense que les gens qui avaient des doutes sur leur opinion auprès de Karim ont pu avoir les éléments pour se positionner.

Votre regard à vous a changé ?
J’ai la chance de pouvoir suivre les matchs de Ligue des Champions et donc de croiser Karim Benzema assez souvent donc on se connait un peu. J’ai toujours affaire à quelqu’un de disponible, de gentil, de souriant. Très loin de l’image qu’on veut parfois lui prêter. Mais pour en revenir à l’émission, on se fera un plaisir de recevoir Didier Deschamps dans les mêmes conditions, s’il souhaite venir, pour parler également.

Cette présence au bord du terrain, c’est l’autre volet de votre rôle à Canal. En dehors des joueurs du PSG, y-a-t-il un joueur de Ligue 1 qui vous a impressionné cette saison ?
En dehors du PSG… Nabil Fékir. Je pense qu’il est encore plus fort qu’il ne l’a été avant sa blessure. Et c’est impressionnant à voir.