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Exclu - Rohff : « Benzema était une groupie, pas un ami »

Après trois ans d’absence, Rohff revient avec un double album, « PDRG ». Fan de boxe, le rappeur de Vitry se confie sur le noble art, le PSG et ses rapports compliqués avec certains footballeurs. Extraits de l’interview parue dans Le 10 Sport, actuellement en kiosques.

Rohff, trois ans d’absence, c’était une volonté de créer l’attente ?

Ça m’a surtout donné du recul. Quand t’enchaînes 7 albums dont 2 double album et 2 mixtapes pendant dix ans, à un moment donné t’as envie de lever le pied. Puis le public change, la musique change. Il fallait que je m’y retrouve au milieu de tout ça. On est arrivés dans une espèce de routine où l’idée est de sortir un album tous les six mois avec des morceaux moyens qu’on rattrape par des beaux clips. J’appelle ça le rap fast-food et je n’ai pas envie de tomber là-dedans. Mon projet est plus lourd, avec des classiques. Je voulais me démarquer, aller à contre-courant.

Dans l’album il y a le morceau « Zlatana ». C’est une Zlatan au féminin ?

Une Zlatana, c’est une sorcière bien aimée. La fille qui est jolie, qui court après les petits vieux, les footeux, etc. Elle attaque les cibles faciles pour leur porte-monnaie. Zlatan, il marque des buts avec des ailes de pigeon, Zlatana, elle, elle plume les pigeons (sourire).

Zlatan est un ancien champion de Taekwondo. Toi, c’est plutôt la boxe thaï non ?

Oui, j’ai débuté à l’âge de 9 ans à Vitry. Puis, j’ai vite dévié vers le rap. Il se trouve que j’ai bien fait puisqu’en boxe thaï, c’est compliqué de gagner de l’argent. Mais aujourd’hui, je fais beaucoup de boxe anglaise. J’ai beaucoup de respect pour le noble art. Floyd Mayweather (champion du monde super-welter) m’a chauffé la tête et m’a donné envie de m’y remettre. Ça fait cinq ans que je suis tout ce qu’il fait, je ne rate pas un seul de ses combats.

Quand on voit son dernier combat contre Canelo, on le sent indétrônable. C’est ton sentiment ?

C’était une démonstration, une fois encore. Je dirais même qu’il a été très indulgent. On voyait bien qu’il ne voulait pas le faire mal, qu’il ne voulait pas le coucher, qu’il voulait juste marquer des points et défendre. Il ne l’a pas humilié parce que lui aussi a eu 22 ans et il n’a pas voulu le dégouter de la boxe. C’est la grande classe. C’est le seul sportif pour qui j’ai de l’admiration. C’est un riche qui s’entraîne comme un pauvre, il a la dalle, la rage au ventre malgré les millions.

Dans « La Cuenta », tu avais sorti un duo avec Karim Benzema. Trois ans après, tu lui lances une pique dans le morceau « El Padre ». Qu’est-ce qui a motivé ce changement de cap ?

Karim a juste montré que c’était un fan, une groupie mais pas un ami. On n’a pas du tout les mêmes principes. Là où il est, il est à sa place. Il aurait dû rester à nos côtés. Il a fait son choix… Il a le mauvais karma en ce moment. Mais, je ne lui souhaite aucun mal.

Dans le même morceau, c’est Jérémy Ménez qui est visé. Pourtant un joueur du PSG, qui a grandi à Vitry, comme toi…

Oui mais il ne se respecte pas. Un jour, j’étais en studio en train d’écouter des sons et d’écrire et il est arrivé alors que j’avais dit au mec qui l’a ramené de ne pas venir avec lui. Je l’ai bien reçu mais il y a des écarts que je n’accepte pas. Il arrive, il est bourré, il fait sa pseudo caillera (racaille, ndlr) et il pose sa tête sur mon épaule alors que je ne le connais pas.

Qu’est-ce que tu n’as pas aimé, son comportement ?

Oui, pour moi un sportif reste un sportif, ce n’est pas une caillera, ce n’est pas un bad boy. Ses jambes sont assurées, il a grandi en centre de formation, il n’est pas de l’école de la rue. Ce n’est pas un gars de la rue et il ne le sera jamais. Il gagne très bien sa vie, c’est très bien comme ça. Qu’il n’essaie pas de porter un costume qui est trop grand pour lui.

Sacha Nokovitch

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