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EXCLU - Cornillac : « On est tous faux-culs avec le dopage »

Clovis Cornillac, La Grande Boucle

À l’affiche de « La Grande Boucle », en salles à partir d’aujourd’hui, Clovis Cornillac se confie sur sa préparation, le monde du cyclisme et Lance Armstrong. Extraits.

Qu’est-ce qui vous a poussé à accepter ce film autour du Tour de France alors que vous n’étiez pas fan de cyclisme avant le tournage ?

J’ai toujours aimé le Tour de France mais effectivement je ne connais pas le vainqueur du Paris-Roubaix 1932 (rires). Je ne suis pas un grand connaisseur mais ce qui m’a vraiment donné envie de faire le film c’est cette histoire formidable d’un petit bonhomme, qui est monsieur tout le monde, et qui va se retrouver à faire quelque chose d’exceptionnel, qui va arriver au bout de son rêve. Il va renouer avec sa femme et son fils par le biais d’un exploit qui le dépasse. Je trouvais ça très jolie comme parabole.

Vous avez tourné une partie du film pendant le Tour de France 2012. C’était essentiel ?

Pour avoir la véracité de la compétition, il fallait absolument tourner pendant le Tour ! Les images, on les a tous dans la tête. On les voit quoiqu’il arrive, que ce soit sur le bord de la route ou devant la télé. Pour ressentir cette folie qui émane du Tour, il fallait obligatoirement qu’on ait cette autorisation de tourner au cœur de l’événement.

L’aveu de dopage de Lance Armstrong est tombé quelques semaines après la fin du tournage. Ne pensez-vous pas qu’il a contribué à semer un peu plus le trouble sur le monde du cyclisme ?

On se rend bien compte qu’il y a des affaires autour du dopage depuis des années. Mais les gens continuent de regarder parce que le Tour va au-delà de ça. Évidemment, il faut chasser les tricheurs de ce sport mais mon sentiment est qu’on est tous assez faux-culs avec le dopage. C’est une question beaucoup plus fondamentale et beaucoup plus sociétale. Taper sur un coureur qui prend de la dope pour aller plus vite alors que le monde entier fonctionne comme ça, c’est ridicule. Il faut s’interroger sur pourquoi on en arrive à se doper. En réalité, qui ne connaît pas quelqu’un qui va prendre du Guronsan pour tenir au bureau, qui ne connaît pas des histoires de courtiers qui s’en mettent plein le nez à la Bourse pour faire des affaires et avoir confiance en eux. Cette course à la performance génère forcément une forme de dopage. Mais c’est plus facile de taper sur les sportifs…

Et vis-à-vis du personnage d’Armstrong, vous êtes déçu ?

Je ne suis pas très surpris. Je n’ai jamais été fan d’Armstrong. Tout simplement parce que je ne suis pas dingue des machines à gagner. J’aime bien les sportifs qui rament pour y arriver. Bernard Hinault, Laurent Fignon ou Greg LeMond m’ont ému… Pas Armstrong, il n’a jamais généré la moindre émotion chez moi. Quand je le voyais courir, je n’avais pas envie de le prendre dans mes bras et lui dire : « bravo ».

Sacha Nokovitch