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Handisport

Un virage à négocier pour la voile handisport…

Retrait du programme des Jeux paralympiques 2020, transfert de la délégation à la Fédération Française de Voile… Jean-Jacques Dubois, directeur sportif de la voile pour la Fédération Française Handisport aux derniers Jeux de Rio, situe les enjeux de l’année 2017 et plus globalement de la paralympiade.

La voile handisport va devoir apprendre à vivre sans. Sans ce statut paralympique. Celui qui offre tant de garanties en termes de moyens, d’intérêts et de reconnaissance. En 2020, Damien Seguin, champion sur 2.4 à Rio, ne sera pas à Tokyo. Pas pour disputer les Jeux en tous cas. Avant même de se rendre à Rio pour y décrocher le deuxième titre planétaire de sa carrière, le chef de file tricolore savait que son sport était sorti du programme. « Mes vœux le plus cher est évidemment que la voile effectue son retour aux Jeux de 2024. Et que ces Jeux se déroulent en France, explique Jean-Jacques Dubois, le DS de la discipline pour la FFH jusqu’à cette année. Pour y parvenir, la Fédération Internationale devra se montrer convaincante. Il ne s’agit pas d’un retour. La Voile va en effet être en concurrence avec de nouvelles disciplines. Aujourd’hui, 21 sports sur 22 possibles sont programmés. » La concurrence pour la dernière place va donc être rude. « Évidemment, reprend Jean-Jacques Dubois. Mais le Comité International Paralympique peut également sortir d’autres disciplines pour 2024. Mais les instances de la vole devront d’ici à 2018, date de la décision, démontrer toute leur détermination à revenir aux Jeux paralympiques. »

La voile paralympique déléguée à la FFV

La voile paralympique va désormais être gérée par la Fédération Française de Voile. Le transfert de délégation a en effet été décidé à la fin de l’année 2016. S’il est encore trop tôt pour mesurer les conséquences de ce changement majeur, Jean-Jacques Dubois, qui a sollicité une réunion entre les différents acteurs, situe les premiers enjeux. L’échange entre la FFH et la FFV semblent indispensables pour continuer de mener des complémentaires. « Comme c’est le cas jusqu’ici, explique le référent du monde handisport. La formation et le développement demeurent sous la coupe de la FFH. Nos projets s’additionnent également. Je pense notamment à ceux menés en direction des déficients visuels. » De nombreuses actions sont d’ailleurs programmées pour dynamiser la pratique chez les jeunes et les déficients visuels (stage, nouvelles compétitions préparations spécifiques…)

Au plus haut niveau aussi, ça bouge

L’équipe de France aussi va subir de profondes mutations. Les évolutions sportives sont mêmes celles qui offrent, aujourd’hui, le plus de lisibilité. Le 2.4, série sur laquelle Damien Seguin s’est imposé à Rio, demeure au programme des épreuves internationales. En revanche, le Skud et le Sonar, où la France possédait également un équipage (Bruno Jourdren, Éric Flageul et Nicolas Vimont-Vicary), sont amenés à disparaître du paysage. « Ces deux séries sont seulement invitées aux prochains championnats du monde prévus à Kiel (Allemagne), développe Jean- Jacques Dubois. Elles ont été remplacées par le Hansa, une autre série en solitaire. Contrairement au 2.4, les hommes et les femmes seront séparées. La troisième série sera le Weta (un petit trimaran) où l’on naviguera en duo. Si les modalités concernant les classifications de handicap ne sont pas encore connues, le duo devra obligatoirement comporté un homme et une femme. » Aujourd’hui, il est encore difficile de savoir où la France peut et compte être alignée. Il faut savoir ce que la FFV entend faire du collectif France. Comment elle entend le dynamiser, le développer et vers quelles spécialités elle se dirige.

Beaucoup d’interrogations subsistent : qui en aura la responsabilité, avec quels moyens et quelle stratégie ? Et quel sera le rôle de l’Ecole Nationale de Voile à Saint-Pierre Quiberon (Morbihan) ? Les réponses permettront de clarifier l’avenir des uns et des autres et d’ouvrir, probablement, de nouvelles perspectives.