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Handisport

Tennis de table - Lamirault a de la suite dans les idées

L’équipe de France handisport dispute cette semaine (8-15 septembre) les championnats du monde à Pékin. Le Francilien, n° 2 mondial, est l’une des belles cartes tricolores. 

Fabien Lamirault voit juste. Début des Jeux Paralympiques de Londres 2012. Le pongiste de l’équipe de France entre dans la salle et dans son aire de jeu. Concentré et déterminé, il lâche à Sébastien Messager qui assure son coaching : « Cette salle est faite pour moi. » Bien vu. Pour se premiers Jeux paralympiques, il décroche le bronze en simple et l’argent par équipe avec Stéphane Molliens et Vincent Boury. Actuellement numéro deux mondial de sa catégorie de handicap, il espère bien franchir la dernière marche qui mène au titre à Pékin, lors des championnats du monde prévus du 8 au 15 septembre. Dans un milieu un peu favorable, en raison de l’humidité et du manque de climatisation souvent repérés en Chine. « Pour des personnes comme moi, ces conditions ont un réel impact. »

« COMME UN RING OU UNE ARÈNE »Tétraplégique à la suite d’un accident survenu en 1997, alors qu’il était passager, Fabien Lamirault a découvert le ping durant sa rééducation, dans un centre du Sud de la France. De retour en région parisienne, où il a grandi, il s’inscrit au club des Invalides (CSINI). Sous la houlette de son entraîneur, Fabrice Kosiak, il se démarque vite. Mais sa classe de handicap est longtemps un sujet de discorde. « Il m’a fallu démontrer aux instances que je devais bien jouer en classe 2 et non en classe 3 », explique-t-il. Le doute est définitivement levé en 2007, quelques mois avant de disputer son premier Euro. « En revanche, comme je n’ai pas pu jouer dans ma classe de handicap avant, je n’ai pas pu défendre mes chances de qualifications pour les Jeux de Pékin 2008. » Ses résultats et la nouvelle politique fédérale, consistant à resserrer les groupes France le privent aussi des Mondiaux 2010.

Sa carrière en bleu n’a vraiment démarré qu’aux championnats d’Europe 2011 et décollé à Londres. Véritable guerrier dans l’aire de jeu qu’il considère « comme un ring ou une arène », il a mis en place une organisation assez originale pour atteindre les sommets. A 34 ans, ce père de trois enfants attache une vraie importance à sa vie de famille. Désormais, installé dans le Var, il alterne les semaines de stage intensifs avec quelques semaines d’entretien non loin de chez lui. « Je vais à Paris pour continuer à travailler avec Fabrice Kosiak au moins une semaine par mois. Puis je participe à des regroupements entre joueurs en fauteuil. Quand je suis à la maison, je m’entraîne deux ou trois fois par semaine. Cela me permet d’être à fond dans le ping quand je suis en stage et de pouvoir profiter de mes enfants et d’assumer quelques tâches quotidiennes quand je suis à la maison. »

LAMIRAULT, LE 13e HOMMEDepuis les Jeux de Londres, Fabien Lamirault a toutefois su écouter les remarques de son entourage sportif en augmentant son volume d’entraînement. Joueur d’instinct, il a une vraie capacité à surprendre ses adversaires. « Malgré tout, je dois arriver mieux armé techniquement pour faire face à des situations de matches plus délicates. » Une organisation au sein de laquelle se sont ajoutées des formations et des interventions en faveur de la police nationale qui lui a proposé un contrat d’images depuis ses exploits anglais. « Il y a avait douze sportifs de haut niveau sous contrat. Après Londres, la police a bénéficié d’une enveloppe pour un treizième sportif. Elle s’est décidée à l’ouvrir à un handisport. JE fus choisi. C’est très bien ainsi. » Et pas anodin d’être le premier et unique en la matière.

À Pékin, lors des mondiaux, Fabien Lamirault s’attend à un tableau très ouvert. « Nous sommes six ou sept à pouvoir prétendre au titre. Il y a les Coréens mais également Le Slovaque Riapos ou encore le nouveau leader mondial, le Polonais Czuper. » Sans oublier son compatriote, Stéphane Molliens avec lequel il peut aussi rêver d’or par équipe.