Accès direct au contenu

Handisport

Stéphane Houdet : « Le niveau des Masters était très relevé »

Le Français Stéphane Houdet, battu en demi-finale de Masters simple et vainqueur en double, revient sur une saison encore riche en titres. Une saison où seule la première place mondiale fait défaut.

Quel bilan tirez-vous des Masters ?C’était une très belle compétition où tous les joueurs étaient très en forme. Le niveau était très relevé. Je venais pour gagner le simple et glaner la première place mondiale aux dépens de Shingo Kunieda. Mais en demi-finale contre lui, j’ai raté mon début de troisième manche. Au lieu de mener 2 jeux à 0, je me retrouve mené 0-2. Shingo est vraiment très fort et beaucoup plus puissant lorsqu’il est devant.

La victoire en double avec Gordon Reid, assortie de la première place mondiale, est-elle anecdotique ?Surtout pas. Depuis que nous jouons ensemble avec Gordon Reid, nous sommes invaincus. Et lors des Masters, soit face aux sept autres meilleures paires mondiales, nous n’avons pas perdu une manche.

Jouer avec votre équipier de club à Saint-Hilaire-de Riez, vous motive-t-il davantage ?Nous sommes très complémentaires avec Gordon Reid. Nous savons que nous allons nous éclater sur le terrain. Il est gaucher, je suis droitier, il est un peu plus jeune que moi, aime bien jouer à la volée alors que je suis meilleur en fond de court. Notre approche stratégique est très bonne. Ce fut le cas aux Masters. J’ai d’ailleurs un peu perdu cette notion de plaisir durant les premiers jeux de la troisième manche en demi-finale du simple. J’ai attaché trop d’importance au score, à la nécessité de gagner les points. En revanche, j’ai bien corrigé le tir dans ce domaine lors du match pour la troisième place que je gagne 6-4, 3-6, 6-3.

Ce titre, en double, clôture une belle saison…Oui. Une saison marquée par deux victoires en Grand Chelem, l’US Open et Roland Garros et par le titre de champion du monde des nations avec la France. Sans oublier celui acquis en double à Wimbledon où seule une épreuve de double est prévue en handisport. Gagner à l’US Open, sur dur, la surface favorite de Shingo Kunieda a marqué les esprits. J’ai aussi fait finale de l’Australian et du British Open, un Super series. Ce sont peut-être ces quelques points qui m’ont manqué pour terminer numéro un mondial cette année.

Gagner une deuxième fois de suite Roland Garros, 20 ans après Yannick Noah, a-t-il eu le même effet que l’an dernier ?Oui. Il y a aussi eu des retombées sportives puisque depuis ces deux nouveaux titres de Grand Chelem, je m’entraîne avec trois entraîneurs fédéraux au centre national à Roland Garros. Je suis en effet suivi par Jérôme Potier qui entraîne Richard Gasquet quand celui-ci est en France, Aloïs Beust et Laurent Raymond. Je bosse aussi physiquement avec Sébastien Poublet. Ce staff s’occupe des joueurs valides français classés entre les 100e et 1 000e places mondiales. Cette décision émane du DTN Arnaud Di Pasquale et chapeautée par Éric Winogradsky.

Jérôme Savary