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Et il touche !

Romain Noble, la preuve par quatre

Romain Noble, la preuve par quatre

Romain Noble a ramené quatre médailles des championnats du monde de Catane (Sicile). Il a fait un grand pas vers les Jeux de Londres où, il espère confirmer.

Où s’arrêtera Romain Noble ? Quadruple champion d’Europe en juillet dernier, ce Bordelais est en train de s’imposer comme l’une des références de l’escrime handisport mondial. Moins de quatre ans après s’être donné à fond pour cette discipline. Spécialiste à l’épée et au sabre, le Girondin de 31 ans, victime d’une spina bifida (malformation congénitale touchant la moelle épinière) a ajouté quatre breloques mondiales à sa collection. Une en or (par équipe au sabre), deux en argent (par équipe et en individuel à l’épée) et une de bronze (sabre individuel). « Le bilan est forcément satisfaisant, mais j’ai tout de même un regret, glisse Romain Noble. J’aurai vraiment aimé aller chercher l’or en individuel à l’épée ». Mais le Français a cédé contre le Polonais Pender, sa bête noire. « C’est vraiment dommage car Romain a multiplié les performances en éliminant de nombreux asiatiques, maîtres de la discipline, souligne le sélectionneur Pascal Godet. Le problème est sans doute un peu mental. »



Entraînement avec les valides
Romain Noble illustre assez bien la tendance générale qui s’est dégagée des mondiaux siciliens pendant lesquels la France, 4e au bilan des nations (une or, quatre argent et quatre bronze) a tout de même perdu quatre finales. « Nous allons devoir nous pencher sur ce sujet, admet Pascal Godet. Par le passé, nous étions un peu moins performants durant les poules. Du coup, les premiers tours étaient compliqués. Aujourd’hui nos tireurs négocient bien la première partie du tournoi. Mais ils éprouvent davantage de difficultés à terminer le travail. » Romain Noble, lui, entend bien chercher des explications en vue des Jeux de Londres (29 août – 9 septembre 2012) pour lesquels il est fortement pressenti (la sélection officielle de la délégation française sera connue le 4 juillet 2012). « Je vais étudier les raisons de cet échec qui me pèse, lance le salarié SNCF dégagé à 100 % pour préparer idéalement ce qui seraient ses premiers Jeux Paralympiques. Au départ, je ne croyais pas franchement à la préparation mentale. J’y pense désormais. Mais je veux aussi voir si cette défaite n’est pas liée à des lacunes techniques ou tactiques. »

« Toujours en apprentissage »
Le nouveau Mousquetaire, sans en faire une excuse, n’oublie pas non plus que sa préparation a été tronquée « par une blessure au pied. J’ai été hospitalisé vingt jours au début de la préparation. » Le manque d’expérience dans ces grands rendez-vous est également avancé. « Je ne comptais qu’un championnat du monde et un championnat d’Europe derrière moi, précise encore Romain Noble, licencié au Bordeaux Étudiant club. Je suis donc toujours en phase d’apprentissage. » Une formation qu’il va densifier cette année encore. Toujours dans son club avec Damien Tukatlian, un autre international handisport du BEC. Mais aussi avec de nombreux escrimeurs valides. « Je tire aussi souvent à Tarbes, un des sites de référence en matière de sabre. Ils se mettent dans un fauteuil pour que l’on retrouve les conditions handisports (en escrime, toutes les épreuves se disputent en fauteuil roulant). Au départ, ils doivent donc prendre le coup de main et quelques repères de distance, mais ça devient très vite des adversaires coriaces. On s’aperçoit que les deux pratiques ne sont pas si éloignées : mouvement de tronc, approche tactique… »

Par Jérôme Savary