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Quête dorée

Masson La France peut revenir dans le top 10 mondial

le10sport

A onze mois des Jeux paralympiques de Londres (29 août'9 septembre), le président de la fédération française handisport, Gérard Masson, annonce une belle épreuve. Et table sur 15 médailles d'or.

Gérard Masson, où en sont les infrastructures pour les Jeux paralympiques de Londres 2012 ?
Beaucoup de bâtiments sont terminés ou presque. C’est notamment le cas du village. En résumé, seul le grand stade est encore en cours. Le village est très fonctionnel. Par exemple, 80 % des compétiteurs pourront gagner leur salle ou leur terrain de jeu en fauteuil ou à pieds. La gare principale de Londres est à 20 minutes du cœur des Jeux. Sebastian Coe, le président du comité d’organisation (Locog) a tout fait pour qu’il n’y ait aucune différence entre les Jeux olympiques et les Jeux paralympiques. Le Locog va faire avancer le comité international paralympique (IPC).

La France a terminé douzième à Pékin avec 52 médailles (12 or, 21 argent et 19 bronze). Quels seront les objectifs à Londres ?
En transformant deux médailles d’argent en or, nous aurions décroché la huitième place. Le handisport a beaucoup changé dans le monde. Derrière six ou sept nations intouchables, il existe un peloton de pays qui peuvent se classer entre huit et seize. Si nous sommes huitièmes, je serais surpris et heureux car de retour dans le top 10. Seizième, je serais déçu. Je suis confiant. On peut viser quinze médailles d’or.

Pourquoi la France recule-t-elle au classement des nations depuis 1996 ?
Nous avons peut-être adopté une forme de fatalisme devant les résultats. La Chine qui a reçu les Jeux en 2008, le Brésil qui va les recevoir en 2014, ont investi dans le handisport. Les pays émergents ont fait des choix stratégiques pour récolter un maximum de médailles. Notre fédération permet à tous les handicapés de s’épanouir. Des moyens identiques sont mis dans les disciplines paralympiques et non paralympiques comme la sarbacane, le torball ou encore le foot-fauteuil électrique. Nos partenaires privés comme EDF et les pouvoirs publics nous soutiennent dans cette voie qui facilite le développement des sports nature. Mais nous ne comptons que 4 000 licences « compétition » sur 25 000 adhérents.

Quel est l’impact des mesures (recrutement de 150 emplois STAPS…) pour professionnaliser et structurer le handisport ?
Aujourd’hui, nous avons les moyens financiers pour avancer. Nous totalisons une centaine de salariés en cumulant ceux travaillant directement à la fédération et ceux exerçant dans les comités départementaux et régionaux. Mais nous devons revenir vers les centres de rééducation, mener des actions dans les écoles, les centres de loisirs pour grossir notre base de licenciés et dégager une élite plus importante.

La médiatisation est un atout pour recruter. Qu’attendez-vous dans ce domaine pour les Jeux paralympiques de Londres ?
J’espère que la presse régionale va continuer l’excellent travail qu’elle effectue depuis les Jeux de Barcelone en 1992. Pour le reste… J’attends toujours d’être reçu par TF1. Quant à France Télévisions, lorsque Daniel Bilalian a présenté le suivi des prochains Jeux, je me suis demandé s’il pouvait faire moins sur les paralympiques… Certes, la cérémonie d’ouverture devrait être diffusée en direct mais qu’en sera-t-il des épreuves sportives ? France Télévisions monopolise les droits TV et refuse de les lâcher à une autre chaîne. C’est rageant, surtout quand on voit le traitement des Jeux paralympiques partout ailleurs en Europe.