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Handisport

Les Jeux 2024, une aubaine pour l’accessibilité en France

Frédéric Delpy, président de la Fédération Française Handisport et Emmanuelle Assmann, son homologue au Comité Paralympique et Sportif Français, se réjouissent de savoir que Paris accueillera les Jeux en 2024. Tous deux y voient une vraie chance en matière d’accessibilité et de développement.

Sauf cataclysme improbable, Paris accueillera les Jeux en 2024. Les Jeux olympiques et paralympiques. L’unité est rappelée sans cesse par les différentes figures du comité de candidature. « Nous sommes investis sur cette candidature depuis quatre ans, précise Emmanuelle Assmann, la présidente du Comité Paralympique Sportif et Français. Une réflexion importante a été menée pour savoir exactement ce que l’on devait apporter dans notre candidature. Pour bien démontrer que les Jeux paralympiques ont un vrai message à porter. »

Le mouvement handisport et paralympique a toujours été représenté dans les différentes étapes de la candidature. De nombreux représentants du handicap ont participé aux multiples ateliers, aux réunions de travail. Frédéric Delpy, président de la Fédération Française Handisport a lui-même été acteur en intégrant des groupes de pilotage sur le haut-niveau. « J’ai, à travers ces échanges croisés, des personnes très motivées et concernées par les notions de Jeux olympiques et paralympiques. »

Fédérer autour de Paris 2024

Cette visibilité systématique du mouvement paralympique pendant la phase de candidature porte ses fruits. Il y a également eu une volonté affirmée et concrète d’associer tous les acteurs majeurs du handicap dans la société à cette candidature. Ainsi, le président de l’Association des Paralysés de France siège au conseil d’administration de Paris 2024. « Toujours dans cette optique de placer les acteurs du handicap au cœur de la candidature, il y a eu le 10 avril dernier une réunion avec la grande majorité des associations nationales sur le handicap au Sénat afin que les associations manifestent clairement leur soutien à Paris 2024. »

La volonté affirmée des co-présidents, Tony Estanguet et Bernard Lapasset, de construire une candidature autour de Jeux olympiques et Paralympiques. « Nous avons mis tous les ingrédients pour que le paralympisme trouve sa place dans ce rendez-vous », estime encore Emmanuelle Assmann.

Comme Frédéric Delpy, elle ne doute pas des apports en matière de handicap que va apporter le rendez-vous planétaire. « Le regard sur le handicap va encore changer en France, assurent-ils d’une même voix. Contrairement à ce que beaucoup croient, nous sommes en retard dans ce domaine par rapport à de nombreux autres pays européens. Nous allons gagner vingt-cinq ans en matière d’accessibilité. Au niveau des infrastructures sportives mais aussi dans les transports… »

L’application de la loi de 2005 sur l’accessibilité des lieux publics, sans cesse reportée, va être au cœur de priorités. Les Jeux fixent, de fait, une deadline concrète. « Il faut donner aux personnes en situation de handicap les moyens d’être acteurs de leur vie et membres actifs de la société », ajoute la présidente du Comité Paralympique et Sportif Français. Les sites devront être accessibles à tous dès le coup d’envoi des Jeux olympiques. Pas uniquement pour les Paralympiques.

Professionnaliser les cadres techniques

Sportivement, le Ministère a déjà versé 1 million d’euros supplémentaires pour la préparation paralympique. C’est peu et beaucoup à la fois. Aujourd’hui, les sportifs paralympiques bénéficient de conditions de plus en plus adaptées à la pratique de haut niveau. Mais pour Rio, mais le fossé avec les sportifs olympiques, en matière de préparation, était encore important. « On dit qu’il y avait 1 € pour un athlète paralympique et 20 € pour un olympique, ose Emmanuelle Assmann. Tout ne sera pas comblé Mais nous devons aussi nous soucier des entraîneurs et des cadres techniques. Aujourd’hui, trop ont encore le statut de bénévoles. » La France et Paris ont un challenge important à réussir à travers les Jeux 2024.