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Fer de lance

Lequitation francaise au diapason

le10sport

Deux des cinq cavaliers tricolores sélectionnés aux championnats d'Europe de para-dressage ont monté des chevaux de l'Ecole nationale d'équitation. L'un d'entre eux, José Letartre, revient en bronze.

Une médaille de bronze, la sixième place par nation, le bilan est satisfaisant. La France a bien négocié son championnat d’Europe de para-dressage, organisé en septembre à Moorsele (Belgique). « Nous avons marqué de précieux points en vue de la qualification d’une équipe aux Jeux paralympiques de Londres, se réjouit Fanny Delaval, cadre technique en charge de la discipline. Cela nous assurerait la présence de quatre cavaliers en Angleterre. » A titre individuel, les chances sont moindres côté tricolore. La France, sans arriver au niveau des Anglais, des Allemands et des Danois qui dominent la spécialité à l’échelle mondiale, travaille dur pour combler son retard. Témoin, le partenariat mis en place avec l’École nationale d’équitation (ENE) basée à Saumur. Une pratique déjà bien établie en Angleterre. Deux chevaux de l’ENE ont en effet été mis à disposition des cavaliers handisports. José Letartre, médaillé de bronze, a ainsi monté Warina ENE HN et Vladimir Vinchon, 4e dans sa catégorie de handicap, termine 4e avec Flipper d’or ENE HN. L’essai a donc été transformé. « Cela fait deux ans que le projet est lancé, corrige Marc-André Morin, l’écuyer de Flipper d’Or qui a accompagné Vladimir Vinchon et l’équipe de France aux championnats d’Europe. Il s’est concrétisé cette année. Ce procédé entre dans les missions de l’ENE. « Le niveau du para-dressage a beaucoup augmenté. Auparavant, il était possible de tirer son épingle du jeu au niveau international même si le cheval n’était pas très bon. Ce n’est plus le cas. »

« Une belle reconversion pour le cheval »
José Letartre, champion du monde en 1999, et Vladimir Vinchon ont donc dû s’adapter rapidement à leur nouveau partenaire. « Flipper d’Or a 18 ans et cette expérience est l’occasion de lui offrir une belle reconversion, note Marc-André Morin. Je l’ai choisi car je sais qu’il adore la compétition et ses qualités sont fiables. » Les deux cavaliers français, amputés d’une ou des deux jambes, ont aussi profité de l’expérience des écuyers de l’ENE. « Je suis surtout spécialiste du saut d’obstacle, précise José Letartre qui avait déjà effectué des stages à Saumur. Les écuyers nous ont apporté des méthodes et un savoir-faire pour le dressage. Et comme ils connaissent très bien les chevaux, nous gagnons du temps. »

La passe de quatre pour Letartre
Ce rapprochement devrait se poursuivre « pour les Jeux paralympiques de Londres et les Jeux équestres mondiaux qui sont prévus à Caen en 2014 », précise encore Marc-André Morin, en poste à l‘ENE depuis l’an 2000. D’ailleurs, Valdimir Vinchon montera à nouveau Flipper d’Or lors des prochaines échéances internationales, qualificatives pour les Jeux. Notamment celle organisée en Italie en novembre. « Durant ces épreuves, nous devons au moins conserver notre place actuelle, voire l’améliorer », insiste le médaillé de bronze qui défendra à nouveau ses chances avec Warina ENE HN. La liste des pays qualifiés sera arrêtée le 31 janvier 2012. José Letartre, présent à Atlanta, Sydney et Athènes, espère bien être le chef de file de l’équitation française, à Londres. Il disputerait alors ses quatrièmes Jeux paralympiques.