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Handisport

« Le monde paralympique ne doit pas se faire imposer sa ligne de conduite »

Emmanuelle Assman, ancienne escrimeuse handisport de haut niveau, a été élue présidente du Comité paralympique français. Entre voyages, réunions et préparation des Jeux d’hiver 2014 à Sotchi, son emploi du temps est copieux.

Emmanuelle Assmann, pourquoi vous êtes-vous présentée pour devenir présidente du Comité Paralympique Sportif Français ?Je suis secrétaire générale de la FFH. Pendant quatre ans, je voulais voir ce que je peux apporter en tant qu’ancienne sportive de haut niveau. Profiter de mon vécu pour essayer de faire avancer les choses. Je milite aussi pour la représentativité des femmes dans le monde du sport. C’est un challenge. Je sais que je ne vais pas tout changer du jour au lendemain, mais le sport pour les personnes handicapées est en pleine évolution. Il faut en être acteur, ne pas subir. Le monde paralympique ne doit pas se faire imposer sa ligne de conduite. Il doit réfléchir aux actions à entreprendre pour favoriser au maximum les athlètes. 

Quel est exactement votre rôle ?Le comité est en charge des délégations françaises aux jeux d’hiver et d’été. Nous sommes donc en pleine préparation des Jeux de Sotchi. L’objectif de mon équipe est de mettre les sportifs dans les meilleures dispositions afin d’optimiser leurs performances. Pour les Jeux de d’hiver 2014, la logistique est très importante car nous devons transiter par Moscou. Sur place, il y a trois sites distincts : alpin, nordique et sports de glace. La France sera concernée par l’alpin et le nordique seulement, mais une heure de voyage est nécessaire pour se rendre de l’un à l’autre. Nous devons aussi mettre en place le comité de sélection. Les listes devraient tomber aux alentours du 10 février.

Quelle est la différence avec la Fédération Française Handisport ?Le comité paralympique coordonne les multiples acteurs du sport pour personnes handicapées. La FFH, la Fédération française de Sport Adapté et les fédérations homologues (aviron, canoë-kayak, golf). Nous sommes, en France, le seul interlocuteur du comité paralympique international.

Quelles sont vos priorités ?Nous devons impulser les axes de travail et favoriser la volonté des fédérations à recruter des jeunes. Le développement est l’une des priorités. C’est indispensables à la bonne santé du handisport et du sport adapté. Nous devons aussi augmenter la représentativité française dans au sein des instances internationales et des commissions de classification. En prenant en charge les frais de formation des dirigeants qui souhaitent s’investir, par exemple.

Et à titre personnel ? Ces six premiers mois m’ont permis de mesurer toute la complexité qui existe à ce poste. Tous les tiraillements et les jeux d’influence… Je me dois aussi de mieux comprendre comment fonctionne le Comité international paralympique. Je vais donc aller y passer quelques jours. Si je veux être utile, je dois bien comprendre les enjeux. Il y a donc du boulot.  

Jérôme Savary