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Fin de cycle

JO 2012 : Déroute de lescrime français, à qui la faute ?

Lors des Jeux Olympiques de Londres, l’escrime français n’a absolument pas brillé ne récoltant aucune médaille. Une première depuis 1960, mais surtout une grande surprise. Désormais, à l’heure du bilan, il est temps de se demander qui est le responsable de cet échec.

L’escrime français n’a pas brillé à Londres. C’est peu de le dire d’ailleurs, car avec une seule demi-finale, et aucune médaille rapportée, le bide a été complet. Une performance incroyable, qui ne s’était pas produit depuis 1960 à Rome. Une surprise surtout, car l’escrime est le sport qui a rapporté le plus de médailles à la France lors des Jeux Olympiques (115). Désormais, l’heure est au bilan, et il faut répondre à une question : A qui la faute ?

Guyart : « Nous ne faisons plus peur »

Le premier à dégainer après la dernière désillusion (le fleuret par équipe, hommes), Jean-François Lamour. « C’est impardonnable que les Français se fassent sortir au premier ou au deuxième tour. La préparation mentale a été manquée. Aux Jeux, chaque touche doit être la touche de sa vie. Ce n’était pas le cas » a déclaré le double champion olympique de sabre, qui n’a pas pointé que le mental. « J’ai appris que certains s’entraînaient deux ou trois heures par jour. Ce n’est pas suffisant. A l’entraînement, on doit prendre un volume de touche qui prépare à la tension des Jeux. Et on ne le fait pas deux mois avant, mon doit le faire tous les jours pendant quatre ans ». Et l’avis de l’ancien ministre des sports a été largement relayé par un autre champion olympique.

Enervé par les résultats de ses coéquipiers, Brice Guyart, médaillé d’or au fleuret individuel en 2004, a expliqué revenir un an en arrière. « A présent, je suis inquiet (ndlr : de l’équipe de France).Nous ne faisons plus peur, nous ne surprenons plus. Ou plutôt si, nous nous surprenons à perdre des matchs largement à notre portée. Où est passée cette force, cette aura, que de nombreuses grandes nations d’escrime nous enviaient ' ». Tels étaient les mots du fleurettiste… Il y a un an. Un désastre annoncé, auquel la Fédération n’a pas prêtée attention. Frédéric Pietruszka, président de la FFE, visé par le duo Guyart/Lamour, a tenté de se réhabiliter. «J’avais demandé lors d’un comité directeur que l’on privilégie l’aspect sportif et que l’on observe la trêve olympique car il y a une campagne électorale. Ce n’est pas moi qui ai déstabilisé l’équipe de France mais les gens qui ont essayé de me nuire ». Un discours à l’encontre d’Isabelle Lamour, candidate à la succession de Pietruszka. Tout le monde accuse donc tout le monde, un grand n’importe quoi qui pourrait nuire à l’escrime français. « Si il y a des choses à régler, elles ne se règlent pas dans six ou huit mois, mais dès la rentrée, en septembre. Mais on ne peut pas tomber plus bas » continue Jean-François Lamour, défaitiste. En tout cas, l’escrime devra rapidement trouver une solution, pour retrouver le chemin des podiums mondiaux. 

Rémi dos Santos