Accès direct au contenu

Handisport

Handisport - Voile : Seguin, dernier round avant le Rhum

Le skipper handisport, porte-drapeau de la délégation paralympique française aux Jeux de Londres 2012, court la Qualif Solidaire afin de valider sa participation à la Route du Rhum. Son objectif de l’année en valide.

Damien Seguin, 35 ans le 3 septembre, revient à ses premières amours. En 2005, le skipper de Guérande (Loire-Atlantique) effectuait sa première traversée en solitaire à l’occasion du Record SNSM (Société Nationale de Sauvetage en Mer) dont le départ est donné à Saint-Nazaire, à quelques milles nautiques de chez lui. « Lorsque j’ai participé au premier de mes quatre Records SNSM, la polémique concernant ma capacité à m’aligner sur des courses au large en solitaire battait son plein, rappelle Damien Seguin, né sans main gauche. En acceptant mon inscription sur sa course, la SNSM a affiché ses valeurs. » La Société est même allée plus loin dans son militantisme. « A chaque fois que je faisais des sorties en solitaire pour valider des qualifications sur des épreuves majeures ou dans le cadre d’entraînement au large, les antennes de la SNSM situées sur mes parcours assuraient ma sécurité », développe le champion paralympique 2004 sur 2.4.

« JE SAIS QUE J’AI UN OUTIL DE QUALITÉ »
Alors quand il a appris le report de la Solidaire du Chocolat, une épreuve de mille milles nautiques entérinant généralement les inscriptions pour le Rhum, Damien Seguin a décidé de s’aligner sur cette Qualif Solidaire organisée en marge des épreuves du Record SNSM. Comme pour les trois courses du Record, le départ de cette qualif, réunissant dix-sept Class 40, a été donné dimanche 22 juin. « J’ai choisi de participer à cette course pour me frotter à la concurrence des autres bateaux et me retrouver en situation de compétition, détaille Damien Seguin. Parallèlement, je bénéficie de conditions optimales de sécurité. Et c’est toujours un plaisir de concourir sur une épreuve de la SNSM qui véhicule des valeurs dont je me sens proche. » Le charme de ce Record SNSM tient en effet dans sa capacité à réunir sur un même bassin tous types de marins et de bateaux.

Cette épreuve tombe aussi à point nommé pour tester son nouveau Class 40. Un bateau mis à l’eau pour la première fois au mois d’avril. « Mon souhait était de créer un bateau neuf tout en trouvant le bon compromis : je voulais pouvoir m’appuyer sur une coque performante et puissante, dernier cri tout en ayant le temps de le m’approprier. Il ne fallait donc pas qu’il soit prêt trop tardivement. Je pense avoir atteint cet objectif. » Damien Seguin et Jeanne Grégoire ont terminé quatrième de la Normandy Channel Race, une course de mille milles nautiques, à bord de ce bateau. « Je sais que j’ai un outil de qualité. Il a été optimisé pour la course en solitaire », appuie encore Damien Seguin.

RÉPÉTITION PARFAITE AVANT LA ROUTE DU RHUM
À Saint-Nazaire, Damien Seguin en a aussi profité pour rencontrer ses proches, son public et mettre en avant deux des associations qu’il parraine. « Je valorise des pieds et des mains, mon asso, et Handicap International avec laquelle je collabore depuis deux ans. Près de mon bateau, dans le village, il y a un stand de l’association et une pyramide gants qui rappellera un peu leur campagne (des pyramides de pieds) pour lutter contre les mines anti-personnel raconte le skipper. Les élèves de l’Unité Localisée pour l’Insertion Scolaire du collège Albert Vinçont de Saint-Nazaire, qui me suivent depuis le début de l‘année, sont venus me voir la semaine avant le départ et le jour même. Les élèves des collèges de Loire-Atlantique peuvent également, via un livret pédagogique interactif, suivre ma course et mieux comprendre les enjeux et les choix stratégiques de ma traversée. »

Une traversée assez sélective et compliquée. « Nous devrons passer deux à trois fois le Golfe de Gascogne en fonction de la météo, détaille encore Damien Seguin. Mais je trouve idéal de me confronter à de telles difficultés à cette période de l’année. » Une bonne répétition avant la Route du Rhum. Une épreuve dont il suivait l’arrivée lors de ses jeunes années passées en Guadeloupe et qui lui a donné le goût du large. 

Jérôme Savary