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Handisport

Handisport - Voile : Bruno Jourdren change de cap

Le chef de file du sonar tricolore, 10e aux Jeux paralympiques de Rio, Bruno Jourdren revient sur cette déconvenue et sur la suite de sa carrière. En handisport, elle devrait se poursuivre sur 2.4 puisque le sonar est amené à disparaître des programmes. 

Se louper aux Jeux engendre toujours une forte déception. Mais quand cette désillusion marque la fin d’une aventure longue de huit ans, les sensations sont décuplées. Mais aussi quand la place obtenue lors du rendez-vous majeur des quatre années passées est le plus mauvais de la période. « C’est vraiment dommage de ne pas avoir terminé avec une médaille. Mais je n’étais pas très en forme durant les Jeux et Nicolas Vimont-Vicary, blessé un peu avant, n’était pas au top également. » Bruno Jourdren, le skipper du sonar français, médaillé d’argent aux Jeux paralympiques de Pékin en 2008, quatrième à ceux de Londres en 2012 et dixième à Rio, cet été, en convient. Son riche vécu dans la voile n’atténue pas sa déception. « Durant la paralympiade 2012-2016, nous avons quand même décroché deux titres de champion du monde, une deuxième place sur cette même épreuve et quasiment toujours fait podium lors des manches de coupe du monde. »

Des projets en valide et en handisport

Mais la dernière année a été marquée par une montée en régime des contre-performances. Des résultats décevants liés notamment à un choix majeur : celui de rapidement envoyer le bateau paralympique à Rio. « Nous avons donc participé aux épreuves pré-paralympique avec un vieux bateau. Moins rapide, moins efficace, développe Bruno Jourdren. Cela a nui à nos résultats, à notre confiance et notre cohésion. Clairement, nous n’avons pas su prendre certains virages déterminants durant ces quatre ans. Et nous avons peut-être minimisé certains problèmes qui ont eu des conséquences vraiment fâcheuses. » 

Avec le staff France et ses équipiers, Nicolas Vimont-Vicary et Éric Flageul, Bruno Jourdren a débriefé courant décembre. Afin « de cerner les raisons de cet échec et de préparer au mieux l’éventualité de vor un autre équipage se lancer sur cette série. » Cela se fera peut-être… Mais pas de si tôt. La voile, écartée des Jeux de Tokyo en 2020, la voile va aussi vivre des changements. Le sonar est amené à disparaître des épreuves à venir. « Aux prochains championnats du monde la série est invitée, regrette le Finistérien, né à Morlaix il y a 55 ans. Cela signifie donc qu’il n’y a pas de compétition. C’est dommage. De ces années, je retiendrai de belles rencontres, de grandes émotions et des courses de haut niveau très enrichissantes. »

Jourdren-Séguin, le match commence !

En handisport, son avenir devrait donc s’écrire sur 2.4. La série dominée par Damien Seguin, sacré champion paralympique à Rio. « Du beau monde va densifier cette série, avance Bruno Jourdren, car nous sommes quelques-uns du sonar à avoir cette envie. Mais avec Damien comme coéquipier et sparing partner, je vais vite pouvoir situer mon niveau », se réjouit Bruno Jourdren. Les prochains championnats du monde promettent de belles luttes sur l’eau. En valide, Bruno Jourdren a également quelques projets. A commencer par l’ambition de fonder une équipe sur Diam 24 afin pourquoi pas de prendre le départ du Tour de France 2018. « J’espère participer à quelques étapes en 2017 pour le plaisir. » Avant de se projeter sur le nouveau Figaro et surtout les championnats du monde de Dragon, où son équipage nourrit de vraies ambitions. 

J.S.