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Handisport - Seguin : « Un bateau typé pour la Solitaire »

Damien Seguin, porte-drapeau de l’équipe de France paralympique à Londres, a pris le départ de la Route du Rhum dimanche 2 novembre. Avec l’ambition de s’inviter sur le podium.

Né sans main gauche, Damien Seguin s’est forgé un palmarès long comme le bras sur 2.4, une série olympique et paralympique. Médaillé d’or et d’argent aux Jeux paralympiques d’Athènes et de Pékin, il compte aussi de nombreux titres et podiums mondiaux. Depuis 2005, il participe aussi à des courses au large à plusieurs comme en solitaire. Dimanche dernier, il a pris le départ de sa deuxième Route du Rhum avec l’espoir d’aller y chercher un podium à bord de son Class 40 ERDF - Des pieds et des mains.

Quel a été votre programme durant les dix jours qui ont précédé votre départ de Saint-Malo ?Nous avons effectué les vérifications de la jauge-moteur et tenu beaucoup de conférences de presse. Nous en profitons pour changer deux ou trois petites choses sur le bateau : des bouts usés par exemple. En revanche, je n’ai pas touché pas toucher aux réglages qui ont déjà été très bien travaillés.

En quoi ce bateau est-il plus performant que celui que vous aviez lors de votre première Route du Rhum, il y a quatre ans ?Il est plus moderne déjà. C’est un bateau aux lignes d’architecte, un prototype. Il est typé pour la solitaire. Lorsque je suis à la barre, j’ai tout à portée de main. Les manœuvres sont proches les unes des autres. Je l’ai totalement adapté à ma manière de naviguer. Pas à mon handicap, mais à mes habitudes sur l’eau. J’y ai aussi ajouté deux ou trois astuces comme la manœuvre démultipliée qui me permet d’en effectuer qu’avec un seul bras. Ou encore comme cet œil-de-bœuf situé sur la coque, au niveau de la table des cartes. J’y vois parfaitement les voiles, cela me permet d’évaluer le danger, sans forcément sortir. Enfin, contrairement à la Route du Rhum 2010 où j’avais eu le bateau, deux mois seulement avant le départ, j’ai pu, cette fois, m’approprier le bateau et travailler dessus. Nous l’avons mis à l’eau ni trop tôt, ni trop tard. Je l’ai affûté comme je l’entendais.

Vous êtes donc prêt pour un podium ?C’est l’objectif même si je sais très bien qu’une Route du Rhum, c’est long. Mais être au départ en 2010, pour la première fois, était un rêve d’enfant. C’est quand même la Route du Rhum qui m’a donné envie de faire de la voile. Je me devais d’avoir des ambitions plus élevées pour ma deuxième participation. La terminer, comme la première, serait déjà très bien mais je ne peux pas me contenter de ne viser que ça.

Une belle perf serait un beau pied de nez à ceux qui vous ont empêché, en 2005, de naviguer en solitaire ?Je suis un compétiteur et je veux toujours faire mieux. Avancer. Ce serait surtout un remerciement pour ceux qui ont cru en moi depuis le début. Pour ceux qui ont pris des positions et tenu des discours en ma faveur, à une période où ce ne devait pas être facile de le faire.

Après le Rhum, il se dit que vous serez au départ du Tour de France à la Voile…Effectivement. C’est un projet mis sur pieds avec la FDJ pour trois ans, à compter de 2015. Nous verrons comment nous nous arrangerons l’année des Jeux de Rio, en 2016. Je ne ferai sans doute pas toutes les étapes.

Jérôme Savary

Crédit photo : Jean-Marie Liot