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Handisport - Seguin sur la Route du Rhum

Damien Seguin, champion paralympique à Rio, sera le premier skipper handisport à prendre le départ de la Route du Rhum en IMOCA (60 pieds). Un pas important dans son projet de Vendée Globe 2020.

Il y a longtemps qu’il en rêvait. Comme souvent, il a atteint son objectif. Damien Seguin, 39 ans, va descendre la Route du Rhum 2018 dans la catégorie reine : celles des IMOCA. Une première pour un skipper handisport. « Cela traduit mon histoire dans la course au large, estime le champion paralympique 2004 et 2016 en 2.4. Là encore, il y a une certaine forme de logique puisque j’ai été le premier à participer à la Route du Rhum… J’ai défriché pas mal de choses au cours de ma carrière et si je peux continuer à ouvrir des portes pour les plus jeunes, je vais le faire. Il y a le symbole et le travail que cela représente. Et j’aime être le premier. » Qui plus est pour les 40 ans de cette épreuve mythique.

Apicil a décidé d’accompagner Damien Seguin dans ce nouveau défi. L’assureur y a aussi associé sa mutuelle, Intégrance, principalement tournée vers l’accompagnement de personnes touchées par le handicap. « Cela me permet de toujours véhiculer les valeurs d’inclusion et d’intégration que je défends depuis mes débuts. » Damien Seguin va ainsi naviguer à bord de l’ancien bateau d’Éric Bellion, Comme un seul homme, 9e du dernier Vendée Globe. « Conçu en 2008, ce bateau, qui a servi pour le tournage du film En Solitaire, avec François Cluzet, est fiabilisé. Je dois désormais l’optimiser. »

Jean Le Cam comme guide

Pour s’approprier au mieux ce nouvel engin, Seguin s’est attaché les services de Jean Le Cam, 2e du Vendée Globe 2004-2005 et multiple champion du monde en IMOCA. « Je cherchais une base et un chantier pour mettre le bateau dans la bonne configuration. Le contact est passé très vite et très naturellement entre nous. C’est un passionné. Très tourné vers la technologie et assez vite intéressé par les adaptations à apporter en fonction du handicap. » Ainsi, les nouveaux partenaires ont installé un manchon sur le grinder afin de permettre à Damien Seguin d’utiliser ses deux bras. « Sur ce bateau, j’ai en effet besoin de la puissance de mes deux bras, explique-t-il. Mais pour le reste, on va voir à l’usage. C’est la raison pour laquelle il est important de vite le mettre à l’eau. » Cela sera fait, logiquement, le premier week-end de mai. Ensuite, les deux compères participeront à Douarnenez-Cascais en double. « Je vais ainsi pouvoir me familiariser avec le bateau. Ensuite, je vais faire pas mal de sorties en Atlantique. Et il y aura la Dream Cup du 21 au 29 juillet entre La Trinité-sur-Mer et Cherbourg. Cette épreuve est qualificative pour la Route du Rhum. »

« Ça fait pas mal de temps que je cherchais à intégrer le circuit IMOCA »

S’il y a une part de logique au regard de la progression linéaire du skipper, né sans main gauche, ce nouveau palier n’en demeure pas moins un pas de géant. « C’est génial de pouvoir vivre ça. Ça fait quand même pas mal de temps que je cherchais à intégrer le circuit IMOCA (60 pieds). Cela a pris un peu de temps, notamment pour trouver le sponsor mais c’est chose faite. Même si aujourd’hui le projet porte uniquement sur la Route du Rhum, c’est un pas important vers le Vendée Globe 2020. »

Une avancée qui renvoie aussi au chemin parcouru depuis ses débuts en course au large. C’était en Figaro, il y a treize ans. Une première étape avant de rejoindre, en 2008, la Class 40 et de se lancer à deux reprises sur la Route du Rhum… En 2010 et en 2014. Avec notamment une 8e place à l’arrivée de la dernière traversée. Une évolution progressive mais continue qu’il entend poursuivre avec toujours le même brio.

Jérôme Savary