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Handisport - Rozoy : « Aider les jeunes à toujours y croire »

Charles Rozoy, champion paralympique sur 100 mètres papillon, sera l’un des champions présents à Bouaye lors du Grand Prix National des Jeunes (28-31 mai).

Charles Rozoy n’aura pas à forcer sa nature vendredi. Comme la skieuse Marie Bochet, présente à la cérémonie d’ouverture, les athlètes Marie-Amélie Le Fur et Nantenin Keita, le tennisman Mickaël Jeremiasz ou le pongiste Frédéric Bellais, le champion paralympique sur 100 m papillon aux Jeux de Londres est invité pour échanger avec les jeunes (10 à 20 ans), participants du Grand Prix National des Jeunes, organisés du 28 au 31 mai à Bouaye (Loire-Atlantique). Un rôle d’ambassadeur qu’il endosse et assume avec conviction et plaisir. Entretien.

Charles, dans quel état d’esprit êtes-vous avant les championnats d’Europe prévus à Eindhoven (4-10 août) ?Ça va. Je suis désormais entré en phase de préparation pour les Jeux de Rio en 2016. Toutes les épreuves qui se présentent actuellement constituent donc des objectifs intermédiaires. D’où mes deux médailles de bronze l’an dernier aux Mondiaux. Je fais du travail spécifique mais pas axé sur les compétitions à venir immédiatement.

Vous serez vendredi (30 mai) à Bouaye pour soutenir les Jeunes engagés au Grand Prix National des Jeunes. Est-ce une première ?Oui. Je suis ravi de venir échanger avec ces jeunes qui représentent l’avenir. J’interviens très souvent dans des collèges et des lycées afin de sensibiliser les jeunes au handicap, à l’effort et au travail. Je constate d’ailleurs que le regard est différent de celui des adultes. Dans les collèges et les lycées, je suis perçu comme le sportif de haut niveau qui a gagné l’or aux Jeux paralympiques. Dans le monde adulte, je suis davantage vu comme le handicapé qui a réussi à gagner un titre paralympique.

Considérez-vous que ces interventions, lors de tels événements, sont des devoirs ?Pas au sens spirituel du terme. C’est important néanmoins de préparer et d’échanger avec les jeunes. Ils représentent l’avenir. Nous devons les accompagner pour les aider à toujours garder leur rêve à l’esprit. Ils doivent toujours y croire. Ces rencontres peuvent leur permettre de faire de meilleurs choix, de ne pas se tromper de direction.

Cette fois, vous serez au milieu de personnes en situation de handicap lourd. La sensibilisation au handicap ne sera donc pas nécessaire…Moins, très clairement. Cependant, cela ne va pas m’empêcher d’en parler. Je vis notamment aborder le handicap invisible. Je compte parmi les 80 % de handicapés qui souffrent d’un mal quasi invisible puisque seul mon bras gauche est paralysé. Expliquer combien il est important de ne pas se moquer d’un camarade qui n’arrive pas à faire quelque chose qui paraît simple aux autres.

Quels sont les thèmes qui reviennent le plus souvent ?Ils veulent savoir ce que ça fait d’être champion paralympique. Si on gagne de l’argent, comment on vit le fait d’être une star… À ce sujet, il est important de leur rappeler que nous n’en sommes pas au regard des autres sportifs valides médaillés d’or aux Jeux. Notre notoriété est toute relative et qu’il convient de rester disponible et accessible. J’insiste aussi sur le travail et les efforts que représente un titre paralympique.

Jérôme Savary