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Handisport

Handisport - Retour en or pour Maxime Montaggioni

Le snowboarder de l’équipe de France handisport a décroché deux titres aux championnats du monde disputés en Finlande, fin mars. Une belle revanche pour Maxime Montaggioni, blessé la veille des Jeux de PyeongChang.

Rien ne sert de courir, il faut glisser à point. Maxime Montaggioni a appris la patience et la philosophie. A bientôt 30 ans, le snowboarder, né sans main et poignets gauches, est devenu double champion du monde en Finlande, en banked slalom et cross. Avec le titre glané en 2017 à Big White, au Canada, il s’agit de son troisième sacre planétaire. « C’est une vraie bonne surprise », lance le Tricolore, ravi par les conditions de neige et d’organisation en Finlande. « A l’exception de la journée de jeudi, où les contretemps se sont multipliés, tout a été bien. La neige était vraiment très bonne. »

Un cross arraché au finish

Impérial en banked slalom, Maxime Montaggioni a cravaché fort pour s’adjuger le titre en cross. « L’Italien et le Canadien que je connais bien sont partis bien mieux que moi. Mais je me suis accroché et comme ils ont tous les deux commis une petite erreur, j’ai réussi à gagner à la photo finish. » Une sacrée revanche pour le Français, fils unique né à Marseille et élevé à Nice, Maxime Montaggioni a en effet connu une véritable désillusion l’an dernier. Champion du monde de banked slalom et médaillé d’argent en cross, le sociétaire d’Isola 2000, passionné de snow depuis son plus jeune âge, rêvait de titre paralympique à PyeongChang. Mais la veille des épreuves, en Corée, il est victime d’une rupture du ligament du genou. Cruel. « C’était ma première blessure grave. Je me suis posé plein de questions, j’ai fait une petite dépression. J’avais très envie de vite remonter sur un snow, mais je me demandais si cela serait possible. »

Parfaitement pris en charge dans son centre de rééducation, encadré idéalement à Isola 2000, le membre de l’Armée des Champions, s’est reconstruit progressivement. « J’ai appris la patience parce que je ne voulais pas rechuter et en reprendre pour sept mois. » C’est le temps qu’il lui a fallu pour reprendre une activité sportive. Ce fut le skate. « Cela m’a permis de retrouver des sensations de glisse. Ce fut très concluant. Je n’en faisais pas avant mais j’ai mesuré que cela m’avait apporté davantage de mobilité sur la planche. » L’idée devrait trouver un prolongement lors des prochaines préparations.

Moto, tatouages et podiums

Ces longs mois de galère lui ont permis de relativiser. De prendre un peu de recul et de gagner en maturité. « J’ai appris la patience. Peut-être que cela m’a servi en cross. Je ne me suis pas affolé. Je suis resté concentré. » Ces deux médailles d’or sont aussi le fruit d’un excellent travail réalisé, dans des délais assez courts, avec Yannis Dol, le nouvel entraîneur des Bleus. « Il a beaucoup insisté sur mes points forts. Cela ma conforté, donné de la confiance. »

Maxime Montaggioni, passionné de moto et de tatouage, a donc vite retrouvé de l’ambition. « Finalement, je me suis dit que ce ne devait pas être mon heure. Mais j’en ai tiré des conclusions positives et j’ai cherché à rendre ce moment constructif. » Dès ses premières courses internationales de la saison, les résultats et les podiums sont au rendez-vous. De quoi aborder plus sereinement ces championnats du monde. « Je suis aussi très content parce que je pense que je ne suis pas encore à 100 %. Quand je ne ressentirais plus du tout de gêne, ce devrait aller encore mieux. » La concurrence n’a qu’à bien se tenir. Maxime Montaggioni, arrivé très vite sur les sommets du parasnowboard, entend bien poursuivre sa fulgurante progression.
                
Jérôme Savary / Crédit photo : Janis Kärppä – Kota Collective