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Handisport

Handisport : où en est le judo français ?

Le championnat de France 2014 était annoncé comme celui du renouveau. Une étape de transition dans la reconstruction du judo tricolore sonné après son zéro pointé aux Jeux paralympiques de Londres. L’analyse est mitigée. Certes, l’épreuve nationale a apporté quelques confirmations quant à la possibilité de voir des jeunes percer pour les prochains Jeux de Rio et surtout de Tokyo (2020). « Ludovic Pugnet, 2e en moins de 73 kg derrière l’intouchable Camille Brasse, a démontré des progrès techniques et physiques depuis les derniers championnats d’Europe, se réjouit Marc Fleuret, le directeur sportif de la discipline à la Fédération française handisport. Nous espérons pouvoir le faire monter sur le pôle France d’Orléans afin qu’il puisse bénéficier des meilleures conditions d’entraînement pour progresser. »

BIANSOMBA, LA BONNE PIOCHE
L’autre bonne surprise s’appelle Didier Biansomba, 4een moins de 81 kg. À 16 ans, ce jeune judoka d’Issy-les-Moulineaux, ne connaissait pas la pratique handisport, avant de voir que les championnats de France étaient organisés dans le dojo où il s’entraîne au quotidien. « Il possède de bons acquis, analyse encore Marc Fleuret. C’est une bonne pioche. » Un compère pour Manon Cellier. À 17 ans cette l’adolescente figure parmi les espoirs.

« NOTRE POTENTIEL A PRIS UN SÉRIEUX COUP DANS L’AILE »
Un encouragement pour le staff à accentuer encore sa volonté de recruter des jeunes. Et notamment des filles. Elles n’étaient en effet que deux au France. « Entre les arrêts, les blessures et les grossesses, notre potentiel, déjà assez maigre, a pris un sérieux coup dans l’aile. » Accroître les effectifs s’avère indispensable. Ces championnats de France ont aussi mis en avant une érosion des combattants. Ils n’étaient que 37 en championnat de France élite et 13 dans le tableau technique. « Après les Jeux, un grande partie des athlètes élites ont mis un terme à leur carrière, rappelle Marc Fleuret. Le haut niveau étant chronophage, nous avions un peu mis de côté cet aspect de notre travail au profit de la préparation de l’élite. Aujourd’hui les actions majeures portent sur les manières de gonfler nos effectifs et notre élite. Par exemple, tous les judokas qualifiés pour les championnats de France seront invités à participer à deux stages en mars et cet été afin de permettre aux plus jeunes de côtoyer le haut niveau et de prendre les bons réflexes. »

JONARD PEUT FRAPPER ENCORE UN GRAND COUPIls pourront s’appuyer sur l’expérience de l’insatiable Cyril Jonard. A 37 ans, le judoka de Limoges a encore frappé un grand coup en remportant trois titres dans les Hauts-de-Seine. Dans sa catégorie et en open contre Camille Brasse, médaillé d’or aux Deaflympics (Jeux réservé aux personnes sourdes et malentendantes).

Jérôme Savary