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Handisport

Handisport - Norbert Krantz : «Je suis un combattant de l'extrême»

La Fédération Française Handisport a fait appel à ce spécialiste du sport de haut niveau, « ce fils de l’Insep » comme il se définit lui-même, pour endosser le rôle de Directeur des Équipes de France des sports d’été. Rencontre.

Comment avez-vous noué le contact avec la FFH ?
A bientôt 62 ans, je n’imaginais pas relever un autre défi. On est venu me chercher, quasiment comme des chasseurs de tête peuvent le faire, pour savoir si j’étais prêt à partir de l’Insep, ma maison mère, pour relever ce challenge. Pierrick Giraudeau a su me dire ce qu’il fallait pour que je rejoigne la FFH. Je me suis interrogé sur mes motivations, ma force pour assumer cette fonction qui induit une certaine responsabilité en termes de médailles notamment… Finalement, j’ai même découvert que j’avais de la réserve puisque je remonte les marches trois par trois.

Quelle sont vos missions ?
Je suis directeur des équipes de France d’été. En termes de résultats bruts, l’objectif est de réaliser une très belle prestation à Tokyo et une excellente prestation à Paris. Soit aider la France à obtenir un meilleur classement aux Jeux. Au moins la maintenir à Tokyo puisque je n’ai que deux ans de travail. Et rendre notre fédération très visible en termes de médailles aux Jeux paralympiques 2024, à Paris. La ministre a demandé de doubler les médailles aux Jeux de 2024, par rapport à Rio.

Comment comptez-vous vous y prendre ?
Il y a deux échéances. Pour Tokyo, je vais travailler au plus près des 44 médaillables et des collectifs qui pourraient être médaillés. Le deuxième travail consiste à préparer le renouvellement des élites : amener les jeunes ayant entre 18 et 21 ans aujourd’hui au summum de leurs possibilités à Paris.

« J'ai besoin de beaucoup de libertés »

Comment mener ces deux projets ?
Je me concentre sur Tokyo. J’ai quatre orientations très fortes. Rencontrer d’ici quatre mois, chacun des acteurs du sport de haut niveau (sportifs, entraîneurs et entourage important), afin de faire un point de situation sur leur accompagnement et sur leur capacité à optimiser leur potentiel. Vérifier les moyens mis en place et identifier les besoins, pour y répondre au plus vite. Mettre en place très rapidement les chemins de sélection pour l’année 2018. Cela devrait être fait fin février. Mais également ceux pour la qualification pour les Jeux de Tokyo. Tous les sportifs et les entraîneurs doivent savoir suffisamment à l’avance le système proposé. Celui-ci doit être clair. J’ai commencé à créer une unité d’aide à la performance. Avec des experts sur tous les ingrédients qui permettent à un sportif de mener sereinement une carrière de haut niveau. Augmenter le niveau de connaissance et de compétence techniques des entraîneurs par rapport au sport ou à différentes dimensions du sport en leur proposant un stage de trois jours (par an) sur un domaine précis. C’est une formation continue et opérationnelle. Quant au renouvellement des élites, je compte m’appuyer sur les directeurs sportifs. Ils sont plus proches des jeunes talents et ils connaissent parfaitement leur dynamique d’accession.   

Comment vous sentez-vous au sein de la FFH ?
Je suis enchanté par la façon dont j’ai été reçu. Je fonctionne, en premier lieu, à l’affectif. Quand ce point est réglé, je suis un combattant de l’extrême. J’ai aussi besoin de beaucoup de libertés. J’aime être dans un créneau responsabilités-libertés. A chaque fois que j’ai eu des libertés dans mes entreprises, j’ai gagné.

Aviez-vous déjà eu des contacts particuliers, dans le cadre de vos missions précédentes, avec le milieu handisport ?
Non. Pratiquement pas. Je me suis donc posé la question de savoir si j’étais la bonne personne pour m’occuper de ce public. Dans le sport de haut niveau, nous étions, ces derniers temps, sur l’individualisation et la prise en compte des singularités. C’est simplement un élément encore plus exacerbé en handisport. Je vais leur donner le meilleur de moi-même pour qu’ils s’accomplissent. Je serai donc près d’eux humainement mais exigeant par rapport à leur devoir de sportif de haut niveau.

Norbert Krantz en bref

Né à Paris, il y a près de 62 ans, Norbert Krantz a grandi pendant douze ans en Afrique. « D’où mon caractère atypique. » Professeur d’EPS, il s’est beaucoup investi dans l’entraînement sportif, notamment en athlétisme. Pendant 25 ans il a été entraîneur, directeur sportif et même président. Il est même le dernier président du Stade Bordelais Athlétic.

1994-1997 : assistant-conseil à l’Insep, auprès des sportifs, entraîneurs et des formateurs. 1997-2011 : Enseignant à la faculté des sciences du Sport de Bordeaux 2011-2017 : Responsable de l’unité d’accompagnement à la performance à l’Insep.

Il a aussi assuré la préparation physique des rugbymen du Creps de Talence et la réathlétisation de championnes et champions comme la handballeuse Allison Pineau. Auteur de neuf ouvrages.