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Handisport - Marie Bochet : «L’équipe de France s’est transformée»

Marie Bochet (25 ans) a réussi un troisième quintuplé consécutif lors des championnats du monde disputés en Slovaquie et en Italie. Elle totalise 19 titres mondiaux. La France, elle, boucle ces championnats du monde de ski alpin à la première place du classement des nations avec huit titres et deux médailles d’argent.

Marie Bochet, quels sont vos leviers, pour rester aussi déterminée et continuer d’aller toujours plus vite ?
C’est le doute permanent. A chaque fois, j’ai l’impression que c’est mon premier départ en championnat du monde. Je ne parviens jamais à me rassurer avec mes seuls acquis. Je suis incapable d’être sûre de moi. Il y a aussi ma passion pour le ski, ma volonté d’être toujours mieux préparée physiquement et techniquement parce que je suis toujours insatisfaite, notamment sur le plan technique. Cette fois encore, certaines courses n’ont pas été exceptionnelles mais mon niveau a suffi pour gagner.

Avez-vous mesuré des progrès ?
Oui. Ma famille, mes amis et mes entraîneurs, qui me connaissent bien, me rassuraient. Tous me disaient que j’avais progressé. J’en doutais mais les écarts avec mes concurrentes sont plus grands. Et sur les pistes de Kranjska Gora, assez difficiles, j’ai pris du plaisir et j’ai bien maîtrisé. Il y a an, je m’étais énervée.  Cela témoigne de progrès techniques.

Les annulations des manches de Coupe du monde en décembre, vous privaient de repères. Comment l’avez-vous appréhendé ?
C’était vraiment un problème. J’aime avoir des repères en matière de départs, de sensations face à des fortes concurrentes. La nuit avant le Géant a été très compliquée. J’ai passé pas mal de coups de téléphone à des proches qui me connaissent bien et qui ont su trouver les mots pour me rassurer et me dire la vérité. Ils ont su me raisonner.

« N'avoir que deux leaders n'est pas idéal »

Cette saison marque aussi pas mal de changements dans le staff ?
Oui. Avec Mickaël (Charrière), je pense que nous étions arrivés au bout de ce que l’on pouvait faire. Après huit ans passés ensemble, il avait besoin de renouveau. Moi aussi, j’éprouvais la nécessité de changements dans le staff. Le fait que Philippe (Lambert), son adjoint avant, prenne la suite a permis une transition en douceur. Philippe connaît le groupe, l’équipe, le fonctionnement. Il n’a pas tout réinventer sur une année de championnats du monde. L’arrivée de Benjamin Ruer a apporté un peu de fraîcheur. Un autre regard et une autre manière d’exprimer ses notions techniques et de nouvelles perspectives. La saison prochaine, sans championnats du monde, devrait nous permettre de travailler plus en profondeur. Il y a aussi de nouveaux techniciens. On doit donc reprendre les discussions même si les bases sont solides. Il faut digérer tout ça. L’an prochain, on aura plus de temps devant nous.

L’équipe aussi a changé ?
Oui. Depuis Sotchi, elle s’est même transformée. Il y avait pas mal de skieurs avec lesquels j’avais noué de supers liens, de fortes amitiés. Là, je reste un peu seule avec mes souvenirs. A 25 ans, je suis un peu la vieille ! Cette fraîcheur fait du bien en revanche. C’est chouette ce renouvellement mais ça demande du temps pour avancer au même rythme.

La France termine à la 1replace avec huit titres et dix médailles mais que deux médaillés…
Oui. Je me sens concernée par ce problème parce que je pense être plus à la fin qu’au début de ma carrière. Les Jeux paralympiques de 2022 de Pékin, si j’y vais, seront certainement mes derniers. Voir deux athlètes ramener dix médailles est bien en matière de communication mais cela peut être pesant pour nous. Et en cas d’arrêt de l’un de nous deux… N’avoir qu’un ou deux leader n’est pas forcément idéal pour l’ambiance dans l’équipe. Avant, je trouvais qu’il y avait plus de communication et d’entraide parce que nous étions tous en mesure d’aller chercher des médailles. Après, je suis très contente des prestations des jeunes. Thomas Civade et son guide Kerwan Larmet ont pris deux belles 4eplaces. Manoel Bourdenx a terminé une fois 5eet Jordan (Broisin) progresse bien. Mais ils doivent continuer ainsi. J’ai aussi bien conscience qu’il est plus difficile de trouver de la relève qu’en valide. Il faut que ce soit des skieurs, plutôt bons et handicapés…