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Handisport - Marie-Amélie Le Fur : «Apporter mon dynamisme et mon impulsion»

Triple médaillée d’or paralympique, Marie-Amélie Le Fur a été élue à la tête du Comité Paralympique et Sportif Français. L’athlète du Team EDF évoque ses motivations et assure qu’elle défendra ses chances lors des Jeux paralympiques de Tokyo 2020.

Que vous inspire cette élection à la tête du CPSF ?
C’est un rôle très important, engageant et responsabilisant à l’égard du mouvement paralympique qui me tient à cœur. Je souhaite apporter mon dynamisme et mon impulsion. Je vais prendre le temps de bien m’approprier les dossiers, très importants. De grands changements dans le sport français se profilent (Paris 2024, l’Agence Nationale du Sport)… Le CPSF regroupe aujourd’hui 36 fédérations. Nous avons l’ambition de continuer à nous développer, notamment dans les territoires. Nous voulons accompagner nos fédérations.

Pourquoi se lancer dans cette mission alors que vous avez encore l’ambition d’être compétitive aux Jeux paralympiques de Tokyo 2020 ?
La démission d’Emmanuelle Assmann a précipité un peu les choses. J’ai été très surprise par l’annonce de son départ. Beaucoup de questions se sont posées quant à la faisabilité, les compétences et l’envie. Le vote de confiance de la Fédération Française Handisport pour que j’occupe le poste vacant au Conseil d’administration a été très important. Il m’a aussi conforté dans mon choix. Parallèlement, après avoir fait beaucoup dans les territoires et localement, j’avais envie de m’engager au niveau national. J’ai eu l’envie de saisir cette opportunité.

Les Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024 sont un formidable « booster » ?
L’émulation liée aux Jeux de Paris est dynamisante. Ces Jeux sont des signes de promesses pour les personnes en situation de handicap. Je vais donc travailler avec le COJO, le ministère et tous les acteurs du mouvement sportif français pour faire de ces Jeux une réussite. Sur le plan sportif évidemment puisque nous voudrons une équipe de France conquérante mais aussi en termes d’héritage et de durabilité. Je veux aussi poursuivre le travail de développement de la pratique loisirs, partout et pour tous.    

"Être encore athlète peut me permettre de mieux ressentir les marqueurs"

Avez-vous déjà envisagé un mode de fonctionnement ?
Le CPSF s’appuie déjà sur une base de salariés et de membres permanents solide. Je me suis aussi engagée à être à Paris trois à quatre jours par semaine pour bien accompagner le mouvement. Cette organisation mixte va me permettre de rester au contact des sportifs, du terrain, de mieux cerner les marqueurs. Cela peut-être un gain de temps dans certains domaines.

Et en matière d’entraînement ?
J’ai déjà fait évoluer ce point après les Jeux paralympiques de Rio. Mais pour l’instant, je vais bien me familiariser avec la fonction, bien identifier les temps forts et bien comprendre mes missions, afin de définir une organisation. Mais depuis 2013, et à l’exception de l’année 2012, j’ai toujours concilié vie professionnelle et sportive. Nous allons donc prendre un peu de temps pour réfléchir et organiser les choses en fonction de mon emploi du temps. Avoir nos bureaux à l’Insep sera aussi un avantage : après mes journées de travail à Paris, je pourrai m’entraîner assez facilement. 

Emmanuelle Assmann entendait resserrer les liens entre l’instance et les sportifs. Allez-vous accentuer cela ?
Je ne vais pas l’accentuer parce que j’ai le sentiment que les sportifs étaient bien considérés et bien entendus. Être encore athlète et sur le terrain peut me permettre de mieux ressentir les marqueurs. Mon expérience sera aussi une force pour mener à bien nos objectifs au service du mouvement paralympique.  

Présidente du CPSF et sportive à Tokyo, vous allez innover…
Cela est entré dans les discussions. On échange quotidiennement à ce sujet. Mon objectif principal sera de privilégier l’équipe et le bien-être de celle-ci. De faire les choix qui s’imposent pour que l’équipe de France réussisse de beaux Jeux et signe de belles performances Il y aura un jeu de priorisation mais je suis bien accompagnée par mon équipe pour prendre les bonnes décisions et ne pas nuire au rayonnement de l’équipe de France. Je suis convaincue que si je fais les bons choix pour l’équipe et le CPSF, ils seront aussi bons pour ma carrière.

Jérôme Savary