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Handisport

Handisport - Les Jeux paralympiques de Paris, c’est déjà demain

La Fédération Française Handisport a lancé depuis 2010 un programme fédéral de détection. Initié au niveau national, il a été décliné, avec succès, dans les comités territoriaux, devenus des acteurs incontournables de la recherche des talents de demain.

Dinard en Bretagne. Centre sportif, durant les dernières vacances de février. Camille Guillou et l’équipe technique régionale du comité handisport s’affairent pour accueillir les premiers participants du stage Jeunes A Potentiel régional. Un stage d’une semaine, permettant à des sportifs en situation de handicap ayant entre 8 et 16 ans, de pratiquer, selon leur préférence, de l’athlétisme, du tennis de table, de la natation ou encore de la boccia.

La Bretagne a été le premier comité régional à mettre sur pied ce stage de Jeunes A Potentiel. L’ambition est claire, identifier de jeunes sportifs handicapés, les inciter à une pratique pérenne sportive, les sensibiliser à une discipline dans laquelle ils vont s’épanouir et pourquoi pas devenir les représentants français lors de championnats du monde et/ou de Jeux paralympiques. « Cette année, 37 sportifs étaient inscrits », se réjouit Camille Guillou. Tous n’ont pas participé à ce stage JAP régional. « Certains étaient sur un stage de perfectionnement uni-disciplinaire, d’autres sur le stage découverte… » L’objectif de ces regroupements est aussi de permettre aux jeunes de différents niveaux d’échanger, de se voir pratiquer afin de susciter des envies, de donner des références. « Le parcours menant aux sommets paralympiques est long. Il faut compter au moins dix ans de pratique régulière, pose Sami El Gueddari, en charge de la détection et du développement dans les territoires au sein de la FFH. Il ne faut donc pas perdre les jeunes en route. Matérialiser des échelons leur permettant de mesurer leurs progrès est une des clés de la réussite. » 

Au plus près des jeunes

Tout comme ce travail de détection effectué depuis plusieurs années désormais au niveau local. Le projet fédéral s’appuyait d’abord sur les événements nationaux tels que les Jeux de l’Avenir, le Grand Prix des Jeunes… Aujourd’hui, le suivi se fait au plus près des jeunes. « Les JAP régionaux nous permettent aussi de connaître les sportifs plus jeunes et donc de les orienter, au mieux, assez rapidement, en fonction de leur pathologie, de leurs aspirations et de leur niveau. Cela permet un suivi quand l’évolution motrice est très importante (pré-puberté, puberté), développe Mathieu Defosse, en charge du collectif espoir athlétisme et œuvrer auprès des référents PAS et développement à la FFH. Ces JAP régionaux sont des passages obligatoires pour prétendre s’inscrire au JAP National, organisé chaque année à Bourges, lors des vacances de la Toussaint. « 90 % des jeunes des collectifs relève sont passés par le JAP National, précise Sami El Gueddari. Sachant que tous nos sports majeurs paralympiques d’été sont en passe d’avoir un collectif relève. Porte d’entrée indispensable vers les équipes seniors. »

Bien cerner l’environnement est un gage de réussite. Il permet aussi de savoir si le champion de demain bénéficie, près de chez lui, des conditions adaptées à la réalisation de son double projet scolaire et sportif. Si cela n’est pas le cas, la FFH apporte des réponses. « Il y a les pôles espoir multisports comme à Albi (Tarn) et cinq pôles espoir régionaux uni disciplinaires comme celui du cyclisme à Urt, celui d’athlé à Saint-Cyr-sur-Loire…, appuie Pierrick Giraudeau, en charge de la perf’ à la FFH. Une étape ou une structure complémentaire du Centre fédéral Handisport, installé au CREPS Bordeaux-Aquitaine qui regroupe les pôles France athlétisme, natation et basket-ball. Lancé depuis 2010, le programme fédéral de détection avance et devrait encore se développer. Avec l’ambition de mettre sur le devant de la scène une équipe compétitive aux JOP 2024. Mais bien plus encore.