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Handisport

Handisport - Les Français ont mis le cap sur Tokyo 2020

La Fédération Française Handisport a nommé Norbert Krantz et Christian Fémy comme directeurs des sports paralympiques d’été et d’hiver en 2018. Ils ont commencé par étoffer les commissions sportives pour permettre aux cadres et aux sportifs de se projeter vers les Jeux de Paris 2024 dès maintenant. Les premiers résultats sont encourageants.

Paris 2024, c’est déjà demain. La Fédération Française Handisport a mis les bouchées doubles, cette année, dans l’optique des Jeux paralympiques 2024 de Paris. Avant, l’événement planétaire prévu à Tokyo en 2020 sera une étape importante. Les épreuves de référence (Mondial et Euro selon les sports) de l’été dernier ont permis aux Tricolores de placer quelques jalons. Le bilan total de 22 médailles d’or, 21 en argent et 23 en bronze, est « encourageant mais n’autorisent aucun laisser-aller puisque certains ne se sont étalonnés qu’au niveau continental, selon Norbert Krantz, le directeur des sports paralympiques d’été. Les ténors ont tenu leur rang et ont prouvé que l’on pourrait compter sur eux. »

Lamirault reste sur le toit du monde

Parmi les performances à retenir, il y a bien évidemment la médaille d’or de Fabien Lamirault, lors des championnats du monde individuels organisés en Slovénie. « Après les titres de champion du monde 2014 et de champion paralympique 2016, je démontre que je suis toujours là sur les très grands tournois, avait-il déclaré après coup. Je suis très content et fier de gagner mais être le seul ne me ravit pas. J’aimerais que d’autres Français qui bossent aussi très dur montent le podium et gagnent.» 

Le record du monde historique de Marie-Amélie Le Fur, première femme amputée tibiale à franchir la barre des 6 mètres en saut en longueur (6,01 m) lors des championnats d’Europe de Berlin, est l’une des autres garanties de ce bilan estival. La nouvelle présidente du Comité Paralympique et Sportif Français a terminé en beauté un Euro tout aussi historique pour les Bleus. « C’est l’une de mes grandes satisfactions, a commenté Norbert Krantz. Cette équipe comptait une grande partie de novices et la majorité a répondu présent. » L’important consiste maintenant à entretenir cette dynamique et à continuer de favoriser l’éclosion de jeunes dans l’optique de Paris 2024.

Les résultats sportifs témoignent donc d’une amorce vers le très haut niveau mise en place par les cadres comme par les sportifs. « On a ressenti indéniablement les bienfaits de la réorganisation sportive de la Fédération initiée par la DTN, apprécie Guislaine Westelynck, élue définitivement présidente en avril dernier. Il y a une ambiance de travail et une volonté affirmée de tous, cadres et sportifs de réussir. Tous affichent des ambitions élevées et démontrent une réelle volonté de tout mettre en place pour y parvenir. Il y a un frémissement. Mais ce n’est qu’un début. On va poursuivre dans ce sens. J’en suis convaincue ».

Accentuer l’accompagnement des jeunes

Les performances des jeunes, comme celle du nageur Ugo Didier, sacré champion d’Europe et nouveau recordman continental en 100 m dos (S9), témoignent de la nouvelle vague qui émerge. « Le travail de détection initié depuis plusieurs années, la montée en puissance du Centre Fédéral, installé dans les locaux du Creps de Talence (Gironde), portent leurs fruits et livrent de belles promesses. »

Dès 2019, un important travail d’accompagnement pour les potentiels 2024 va être établi afin de ne pas gâcher ces talents susceptibles de décrocher de belles médailles dans cinq ans et demi. Le Plan de Performance Fédéral, validé au cours du deuxième trimestre de l’année, doit permettre à la France de tenir son rang à Tokyo 2020 et d’être fin prête pour rivaliser avec les meilleures nations à Paris en 2024. Norbert Krantz résume la tendance : « Tout est possible mais rien n’est encore fait. » 
     
Jérôme Savary