Accès direct au contenu

Handisport

Handisport - L’équipe de France de cécifoot doit tout reconstruire

Quinzièmes et avant-derniers du Mondial à Madrid, en juin dernier, les Bleus ont mesuré qu’ils devaient remettre les bouches double. Charly Simo, le directeur sportif de la discipline à la FFH, fait le point avec un peu de recul. 

Un sport plus physique

L’équipe de France de cécifoot, en quête de rebond. Elle a terminé 15e (sur 16 nations) du dernier Mondial disputé à Madrid et reporté par le Brésil aux dépens de l’Argentine. « Depuis 2012 et notre médaille d’argent aux Jeux de Londres, notre discipline a beaucoup changé. Elle s’est énormément professionnalisée », justifie Charly Simo, le directeur sportif de cette pratique jouée à cinq par des personnes malvoyantes ou aveugles. Principal évolution, l’arrêt du chrono durant lorsque le ballon ne vit pas. « Avant un match durait 40 minutes (2x20), voire 45 minutes avec quelques arrêts de jeu. Aujourd’hui, ce sont 20 minutes effectives de jeu. Une partie peut donc durer 75 à 90 minutes, développe le DS. C’est beaucoup plus exigeant physiquement. » 

Absents des Jeux paralympiques de Rio en 2016, les Bleus devaient donner leur maximum pour passer les poules. Avec l’Iran, la Colombie et l’Argentine, futur finaliste de l’édition. Les Tricolores avaient fort à faire. « Les équipes sud-américaines sont aujourd’hui les maîtres de ce sport », rappelle Charly Simo. Et l’Iran est « juste » vice-champion paralympique en titre.

Un bon état d’esprit

Malgré une décevante élimination en phase de poule, Charly Simo retient surtout l’état d’esprit de son groupe. « La réaction du groupe après les défaites était très positive. Tout le monde restait souriant, les gars savaient très bien qu’on revenait de loin. » Le groupe est en effet resté soudé et tourné vers le même objectif de reconstruction après la claque reçue contre les Iraniens (0-7). Ce semblant d’humiliation (5 des sept buts ont été inscrits en 4 minutes) a mis en avant d’importantes différences en termes d’approche de ce sport. Et un déficit d’entraînement des Tricolores par rapport aux Anglais, aux Brésiliens ou aux Espagnols qui sont professionnels. « Tous nos joueurs ont un boulot ou font des grandes études, contrairement à des nations comme l’Argentine, le Brésil, où les joueurs consacrent tout leur temps pour le cécifoot. » Avec cette nouvelle règle du temps de jeu effectif, il faut pourtant gagner en condition physique et en fraîcheur.

Cap sur l’Euro 2019

Désormais, les Bleus vont mettre le cap sur le prochain championnat d’Europe, en 2019. « Nous savons, individuellement et collectivement, tout le travail qu’il reste à effectuer mais nous ne sommes peut-être pas si loin que ça du niveau européen, explique Charly Simo. En effet, la Russie, championne d’Europe en titre, était la seule nation de notre Continent présente dans le dernier carré. »

Néanmoins, Charly Simo demeure tout à fait conscient du travail colossal à effectuer. Pour la suite, il prévoit un stage par mois à compter du mois d’octobre et va se montrer bien plus exigeant auprès des joueurs, quant à leur préparation individuelle. « Comme le staff, ils vont devoir faire plus. » Le temps presse. La France devra, en effet, briller au prochain Euro, l’été prochain, si elle veut se qualifier pour les Jeux paralympiques de Tokyo en 2020. Charly Simo reste confiant. « Je ne suis pas du tout inquiet. » Méthode Coué, ou espoir légitime ?

Articles liés